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Alger
samedi 3 décembre 2022

Déclaration d’Alger : l’appel du devoir

L’Algérie se devait de redoubler d’efforts en vue de la réunification des rangs palestiniens, seule voie de salut pour la cause centrale du monde arabe, plus encore par ces temps de normalisations sans principe avec Israël, faites, qui plus est, au mépris de l’initiative de paix arabe. Ses efforts en ce sens, sous l’impulsion constante du président Abdelmajid Tebboune, ont abouti jeudi dernier à la Déclaration d’Alger, signée par l’ensemble des factions palestiniennes, ce qui vaut engagement de leur part à la traduire dans la réalité. Le texte adopté à Alger, dans la même salle qui en 1988 avait vu la proclamation de l’Etat palestinien par Yasser Arafat, replaçant l’OLP au centre de la cause palestinienne, fixe à une année l’élection d’un nouveau Conseil national, au sein duquel toutes les factions seront représentées chacune suivant son poids électoral. Au-delà des proclamations de principe, qui font consensus à la fois parmi les factions palestiniennes et dans le monde arabe, ce délai d’une année, au terme duquel les objectifs de la Déclaration d’Alger devraient être atteints, en est le point clé. C’est même ce délai qui permettra ensuite de savoir si elle a été couronnée de succès, ou si au contraire elle n’a été autre chose qu’un chapelet de bonnes intentions irréalisables dans leur principe même.

La mise en œuvre de la Déclaration ne dépend pas d’Alger, mais des Palestiniens, des Arabes et même du monde, en plus du cours des événements internationaux, qui pour leur part ne relèvent d’aucune autorité. Mais pour entreprendre quelque chose, nul besoin d’espérer. Il suffit en cela d’obéir à la voix interne du devoir. Alger a fait le sien, tout en se disant prêt à en assumer d’autres pour la même finalité. Il se trouve que dans l’immédiat il y a le sommet d’Alger de la Ligue arabe prévu dans quelques jours désormais. Ce n’est évidemment pas un hasard si les deux événements, à savoir l’adoption de la Déclaration et la tenue du sommet, sont si proches dans le temps. Si la Ligue arabe reprend à son compte la Déclaration, ce sera une deuxième réussite pour Alger, qui bien sûr espère de tout son cœur une telle issue. Bien que la diplomatie algérienne se soit efforcée de ne pas faire de son initiative une alternative tranchée aux normalisations dans le cas des soi-disant accords d’Abraham, ayant besoin du soutien de tous, la réunification palestinienne dépendant aussi de l’unité arabe restaurée, il n’est pas sûr que ses efforts soient appréciés à leur juste valeur par tous les participants au sommet. Un pays qui à coup sûr aurait appuyé de toutes ses forces son initiative, mais qui malheureusement sera absent, c’est la Syrie, qui s’en est excusée auprès d’Alger, comme si c’était là un choix qu’elle avait fait elle-même, alors qu’il semble bien qu’en fait tous n’étaient pas d’accord pour qu’elle reprenne sa place dans la Ligue à cette occasion. Cette absence de Damas était contraire aux souhaits d’Alger, qui place son sommet sous le signe de l’unité retrouvée, en premier lieu d’ailleurs dans l’intérêt de la première des causes arabes : la Palestine.
M. H.

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