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lundi 26 septembre 2022

Décès de Habib Youcefi, président d’honneur de la CGEA: En 2018 déjà, Saida Neghza s’attaquait à « la bande d’Ali Baba ».

Profondément affectée par la disparition de celui qu’elle a toujours considéré comme un guide, un modèle et un second Père, Habib Youcefi, la présidente de la CGEA , Saida Neghza n’a pas trouvé les mots justes pour crier sa douleur et surtout exprimer sa terrible peine. Depuis Paris où elle est bloquée en raison de son état de santé, déclarée positive au Covid 19, Saida Neghza que nous avons eu au téléphone n’a pu retenir son émotion surtout  » que je n’ai pas pu assister à l’enterrement de celui qui m’a toujours montré la voie et guidé mes pas ». Elle ajoute qu’elle rendait visite régulièrement au défunt avec lequel  » je discutais malgré sa maladie et son age avancé. Il parvenait à me parler et à me reconnaître tout en m’encourageant à aller de l’avant. Je lui montrais des vidéos de nos sorties sur le terrain…il était fier de ce que nous faisions ». Habib Youcefi qui s’est éteint, il y a 2 jours, était demeuré président d’honneur de la CGEA dont il avait fait une véritable organisation patronale capable de peser sur la scène économique nationale. Reconnaissante pour tout ce qu’il avait entrepris pour elle, Saida Neghza nous lance spontanément que « dans ma vie il y avait mon père et Habib Youcefi. Deux hommes qui ont illuminé mon existence. » Saida Neghza a en effet vécu l’enfer durant des années sous le système de Bouteflika et compagnie et ce, au lendemain de son élection à la tête de la CGEA. Face aux Haddad, Said Boutelkifa et les barons de l’époque elle ne baisse pas les bras. Refusant d’abdiquer au mois de juillet…2018 déjà, au plus fort de la puissance des hommes de Bouteflika et du FCE elle défie, seule et sans armes tout ce beau monde. Cette femme avait en réalité fait son hirak en solitaire. Qui pouvait tenir tête aux puissants du système en ces temps où même un certain premier ministre tenté par l’audace d’assainir la sphère politique pliée sous les milliards sales du business douteux ne put tenir plus de 2 mois aux commandes? En 2018, Neghza attaque frontalement la Issaba. Le temps donnera raison à Saida Neghza qui écrivait en ce 8 juillet 2018, oui 2018 une lettre destinée au gang de l’époque sous le titre  » Lettre à la bande d’Ali Baba ». Elle commence en s’adressant à ses détracteurs : « vous qui avez déclaré la guerre à une femme, vous qui avez essayé d’humilier la femme lors de toutes les rencontres internationales, vous qui avez incité un opérateur étranger non pas pour venir investir mais pour le manipuler et le pousser à me porter préjudice jusqu’à essayer d’obtenir mon emprisonnement…vous avez tant investi pour m’intimider en recourant aux procédés les plus vils jusqu’à menacer de vous en prendre à mes enfants….vous m’avez isolée et tenté de me faire subir toutes formes de pression, à la faveur de votre influence et de votre sale richesse, sachez que je ne céderai jamais et qu’il n’est point concevable que je m’incline devant votre chantage… » Dans cet écrit, où le courage de la femme aussi déterminée qu’engagée à demeurer fidèle à ses principes, on retient aussi que malgré tout ce qu’a enduré Saida Neghza, elle a réussi à inscrire à l’international la CGEA comme partenaire clé du BIT (Bureau international du Travail), de l’Organisation internationale des employeurs (OIE) et bien d’autres organisations patronales de premier rang. Elle termine son courrier en mentionnant que  » la femme que je suis issue de cette Algérie des martyrs a réussi à relever les défis et a accepté tous les sacrifices….tout en rendant hommage aux hommes, les authentiques qui continuent à veiller sur ce pays « . Saida salue également « la justice qui a su demeurer à la hauteur de sa mission en reconnaissant la justesse de notre cause ». Enfin, et fait inédit, Saida Neghza termine sa lettre en prédisant à ses « détracteurs que la prison sera un jour ou l’autre votre destination inéluctable ». Aujourd’hui, tous ceux que Saida avait qualifiés à l’époque de gang sont en effet derrière les barreaux.
Karim A.

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