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jeudi 22 février 2024

Danse contemporaine: L’Italie et la Tunisie célèbrent la Nature en clôture du Festival international

Le 11e Festival culturel international de danse contemporaine a pris fin lundi soir à Alger, avec les prestations de l’Italie et de la Tunisie, qui ont célébré la Nature, devant un public nombreux.

Par Abla S.

La scène de l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih a accueilli les troupes d’Italie et de Tunisie, dernières à se produire dans le cadre du 11e Festival culturel international de danse contemporaine, qui ont livré deux prestations de haute facture, tant sur le plan du contenu que celui de la forme.
D’abord, la Compagnie italienne «Spellbound’s Show» de danse contemporaine, qui a rendu un bel hommage au corps, comme outil d’expression par excellence, présentant, près d’une heure durant, «Vivaldiana», une danse époustouflante de technique et d’énergie, conçue et mise en scène par Mauro Astolfi.
Quelle belle idée que celle de vouloir exprimer «Les quatre saisons» du grand compositeur italien de musique classique, Antonio Vivaldi (1678-1741), par la beauté du geste et la grâce du mouvement, y intégrant quelques caractéristiques encore méconnues de sa personnalité rebelle et non conformiste.
Cinq ballerines et quatre danseurs, choisissant le registre de la danse contemporaine, ont défié la convention académique classique qui, elle, est rigoureuse et solennelle et que le public va pourtant retrouver dans «Les quatre saisons» de Vivaldi, cet hymne universel à la nature.
Dans une succession de tableaux, les neuf danseurs donnent libre court à leurs corps tourmentés par la beauté des quatre saisons, pièce considérée comme l’une des œuvres musicales majeures dans l’histoire de la musique classique universelle.
Alternant des figures chorégraphiques hautement esthétiques, les neufs artistes, sur la scène nue de l’Opéra d’Alger, ont rendu des danses complexes sur le plan visuel, où les corps s’enchevêtraient, se collaient, fuyaient pour revenir en douceur, exploitant ainsi le geste et le mouvement dans le moindre détail et l’être dans ses émotions et pulsions internes les plus enfouies.
A l’issue de la prestation, le public s’est levé pour applaudir longtemps la Compagnie italienne «Spellbound’s Show» de danse contemporaine et il en sera de même pour l’ensemble de la Tunisie.
Venus avec «Une terre : Gaïa», une requête aux traits gras, les onze prestataires, dont quatre ballerines de l’Ensemble «Opéra-Ballet-Tunis», ont abordé durant 35 mn l’épineuse question de la protection de la planète Terre qui court des dangers avérés et établis dus aux manquements répétés de l’Homme à l’égard de l’environnement.
Produit par l’Opéra Théâtre de Tunis, le spectacle tunisien a été mis en scène par le chorégraphe Imad Jemaa, sur un texte de Monica Akkari et une direction technique de Malik Sibai.
Exprimant la vie dans sa beauté, sa diversité et son essence naturelles, les fonds musicaux planants des différents tableaux constituant le rendu tunisien, se voient soudain interrompus par un bruitage, parfois violent et assourdissant, qui vient telle une menace, briser la quiétude de la Terre, pour que celle-ci se retrouve en péril.
Par les pratiques irresponsables de l’homme, l’environnement et les écosystèmes ne sont plus protégés, la Terre se retrouve menacée par le dérèglement climatique, le réchauffement de la planète provoque la réduction de la Banquise et la montée des eaux.
Tous ces contenus objectifs qui constituent un ultime rappel sur la nécessité absolue de changer les comportements ont été brillamment exprimés par le langage du corps du ballet tunisien, qui a allié la grâce du mouvement à la beauté du geste, dans une fresque aux tons multiples et aux cadences variées Les ballerines et les danseurs tunisiens ont réussi à allier la rationalité et l’esthétique à travers une prestation concluante aux figures géométriques variées, qui ont occupé tous les espaces de la scène pour envoyer au monde entier depuis Alger, un message fort de son contenu pour que la raison triomphe.
A l’issue de la soirée, la ministre de la Culture et des Arts, Soraya Mouloudji, accompagnée par le vice ambassadeur d’Italie en Algérie, Antonio Poletti et la directrice de l’Institut culturel italien à Alger, Antonia Grande, a remis les trophées honorifiques du festival aux prestataires des deux ensembles.
Déroulé durant cinq jours, depuis le 9 mars dernier, le 11e Festival culturel international de danse contemporaine d’Alger a accueilli sept pays et autant de troupes de plusieurs régions d’Algérie.
A. S.

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