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vendredi 17 septembre 2021

Crise

Si la situation n’est plus aujourd’hui aussi critique au Proche-Orient, après la rapide mais meurtrière guerre qui a opposé l’État israélien au Hamas en mai dernier, des heurts continuent d’accompagner le quotidien des Palestiniens et des Israéliens. En effet, des affrontements ont eu lieu ces derniers jours entre des Palestiniens et des soldats israéliens, alors que des centaines de manifestants palestiniens se sont rassemblés vendredi pour protester contre la colonisation israélienne et des soldats israéliens en Cisjordanie occupée. Ces Palestiniens se sont réunis dans l’après-midi dans la localité de Beita, point chaud ces derniers mois, pour protester contre la colonie sauvage d’Eviatar, située à proximité, a constaté un photographe de l’Agence France-Presse qui a vu de nombreux blessés. Près de 150 Palestiniens ont été touchés, la majorité par des gaz lacrymogènes, ont indiqué des secouristes. «Au cours des dernières heures, une émeute a été fomentée près du poste avancé de Givat Eviatar, au sud de Naplouse. Des centaines de Palestiniens ont lancé des pierres sur des soldats israéliens, qui ont répliqué avec des moyens antiémeutes», a indiqué à l’AFP l’armée israélienne. Le Croissant-Rouge palestinien a fait état de 146 blessés parmi les manifestants, incluant 9 touchés par des balles réelles, 34 par des balles en caoutchouc et plus de 80 par des gaz lacrymogènes. L’armée a confirmé deux blessés légers dans ses rangs qui ont été transportés à l’hôpital. Des colons israéliens se sont installés début mai sur une colline près de Naplouse afin de fonder la colonie sauvage d’Eviatar, sans obtenir l’autorisation du gouvernement israélien. Après plusieurs semaines de heurts et de tensions, un accord est intervenu avec les colons d’Eviatar, qui ont évacué les lieux, mais en laissant leurs mobiles-homes, le temps que le ministère israélien de la Défense passe en revue les droits de propriété des terres afin de déterminer si elles peuvent être considérées comme israéliennes. Si le ministère statue en faveur des colons, ces derniers seront alors autorisés à s’implanter de manière plus pérenne. En attendant, l’armée israélienne maintient sa présence sur les lieux. L’accord conclu avec les colons a été rejeté par le maire de Beita, qui a affirmé que les «affrontements et les manifestations se poursuivraient tant que des Israéliens demeurent sur nos terres». La Cisjordanie est un territoire palestinien occupé depuis 1967 par Israël et toutes les colonies israéliennes qui s’y trouvent sont considérées comme illégales au regard du droit international. Plus de 470 000 personnes vivent aujourd’hui dans des colonies israéliennes en Cisjordanie. Reste à voir comment le gouvernement israélien gérera cette nouvelle flambée de violence qui, même si elle semble aujourd’hui limitée, peut rapidement engendrer des heurts plus importants et pourquoi pas une nouvelle crise d’envergure avec son lot de morts et de blessés. Le conflit au Proche-Orient de mai dernier avait lui aussi débuté avec de petits affrontements qui se sont multipliés et qui surtout ont grandi en intensité occasionnant au final au moins 256 morts, dont 66 mineurs, plus de 1 900 blessés et au moins 72 000 déplacés côté palestinien et 14 morts, dont deux mineurs, et 343 civils blessés, côté israélien.

F. M.

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