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dimanche 14 août 2022

Crise

Le Liban souffre de multiples crises qui rendent la vie quotidienne des citoyens d’autant plus difficile. Quelle soit politique, civile ou économique, les Libanais ont de plus en plus de mal à survivre. Le président libanais, Michel Aoun, a, dans ce contexte, appelé lundi à mettre fin à la paralysie politique dans le pays en crise, accusant indirectement son allié, le mouvement chiite Hezbollah, de bloquer les réunions du gouvernement. Formé en septembre après 13 mois d’interminables tractations politiques, le gouvernement ne s’est pas réuni depuis la mi-octobre, en raison de tensions autour de l’enquête sur l’explosion dévastatrice du 4 août 2020 au port de Beyrouth qui a fait au moins 215 morts, 6 500 blessés et détruit des pans entiers de la capitale. Les ministres du puissant Hezbollah pro-iranien et son allié, le mouvement Amal, ont affirmé qu’ils boycotteraient ses réunions jusqu’au remplacement du juge Tareq Bitar, chargé de l’enquête. Pointées du doigt pour négligence criminelle, les autorités sont accusées par les familles des victimes et des ONG de vouloir torpiller l’enquête pour éviter des inculpations. «Il est nécessaire que le gouvernement se réunisse dès aujourd’hui pour régler les problèmes au sein du Conseil des ministres», a dit Michel Aoun lors d’un discours diffusé lundi soir par les chaînes de télévision libanaises. «Par quelle loi, logique ou constitution, ce Conseil des ministres est-il suspendu ? Pourquoi lui est-il demandé de prendre une décision qui ne relève pas de ses pouvoirs ?», a-t-il encore martelé. Michel Aoun a affirmé que l’impasse politique était en train d’aggraver la crise économique dans laquelle est englué le pays depuis 2019 et qui a été classée par la Banque mondiale comme étant la pire au monde depuis 1850, avec une dépréciation inédite de sa monnaie et une paupérisation de la population. Environ 80 % de la population au Liban vit en dessous du seuil de pauvreté et la monnaie locale a perdu plus de 90 % de sa valeur sur le marché noir. La classe politique, inchangée depuis des décennies, est accusée par une grande partie de la population de corruption, d’incompétence et d’inertie. Malgré l’urgence des réformes, les dirigeants persistent dans leurs querelles politiciennes, paralysant les institutions et retardant les négociations cruciales avec le Fonds monétaire international (FMI). Dans une autre allusion claire au Hezbollah, qui dit disposer de «100 000 combattants armés et entraînés», le président Aoun a également affirmé que «seul l’État était responsable de la défense du pays». Le Hezbollah est la seule formation au Liban à avoir pu conserver légalement ses armes après la fin de la guerre civile (1975-1990) au nom de la «résistance» contre Israël. Néanmoins, il ne suffira pas pour régler la crise libanaise, qui perdure depuis des années, de discours. Il faudrait surtout que tous les acteurs politiques et économiques se mobilisent conjointement pour arriver à trouver un accord viable. Mais cela semble aujourd’hui illusoire, tant les dissensions divisant les Libanais sont importantes. Et lorsque l’on sait que la seule formation d’un gouvernement prend parfois des années, l’on se demande comment un plan de sortie de crise pourrait être trouvé rapidement pour endiguer les problèmes qui pèsent sur le pays et qui risquent de le mener, comme certains observateurs le craignent, à une nouvelle guerre civile.

 

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