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mardi 16 août 2022

Course à Downing Street: La campagne se durcit sur la Chine avant le premier débat

Engagés dans une course contre la montre pour convaincre l’électorat conservateur, les deux candidats à la succession du Premier ministre britannique Boris Johnson se sont accusés de faiblesse face à Pékin avant leur premier duel télévisé.

Par Mourad M.
La cheffe de la diplomatie, Liz Truss et l’ex-ministre des Finances, Rishi Sunak, seront départagés par les quelques 200 000 membres du Parti conservateur d’ici au 2 septembre, avant une annonce des résultats le 5 septembre.
Mme Truss, 46 ans, part très en avance dans les sondages auprès de ce corps électoral très réduit, très masculin et âgé, mais son rival, réputé meilleur débatteur et orateur, espère rattraper son retard grâce à la campagne éclair qui va rythmer le mois d’août.
Rishi Sunak, 42 ans, un ancien banquier considéré comme plus modéré, s’est lancé ces derniers jours dans une série de promesses de campagne montrant sa fermeté sur des thèmes chers à la droite du parti, comme l’immigration.
Il s’est positionné dimanche soir sur le terrain de Liz Truss, estimant que la classe politique britannique avait «trop longtemps déroulé le tapis rouge à Pékin et ignoré les activités malfaisantes de la Chine», qualifiée de «plus grande menace à long terme» du Royaume-Uni.
Accusant la Chine de «voler nos technologies et d’infiltrer nos universités», il promet, s’il est élu par les adhérents du parti conservateur, de fermer les 30 instituts Confucius implantés au Royaume-Uni. Financés par le gouvernement chinois, ces établissements ont pour objet de promouvoir la langue et la culture chinoises, mais sont accusés par certains députés conservateurs de servir à des fins de propagande et d’espionnage.
Dans un communiqué, il estime que les Chinois «soutiennent l’invasion fasciste de l’Ukraine par Poutine en achetant son pétrole et tentent d’intimider leurs voisins, y compris Taïwan».
«Ils accablent les pays en développement d’une dette insurmontable et s’en servent pour saisir leurs avoirs ou les menacer d’un pistolet diplomatique», a-t-il accusé. «Ils torturent, détiennent et endoctrinent leur propre peuple, notamment au Xinjiang et à Hong Kong, en violation des droits de l’Homme».
«J’empêcherai la Chine de prendre le contrôle de nos universités, et apporterai aux entreprises et aux institutions publiques britanniques la cybersécurité dont elles ont besoin», a-t-il poursuivi.
Parmi les promesses de Rishi Sunak, créer une alliance internationale, à la manière de l’Otan, pour «se défendre» contre les attaques technologiques de la Chine, développer le soutien du MI5 – le renseignement intérieur britannique – aux entreprises et universités pour «contrer l’espionnage industriel chinois» ou encore empêcher les acquisitions par la Chine dans des secteurs clés.
En accusant la diplomatie britannique d’inaction face à Pékin, malgré le durcissement de ces dernières années, l’ex-ministre a irrité Pékin : le porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian, a «recommandé aux hommes politiques britanniques (…) d’éviter les remarques irresponsables sur la soi-disant ‘’théorie de la menace chinoise’’ qui ne peut pas résoudre leurs problèmes».
Rishi Sunak a aussi fait bondir l’équipe de la patronne du Foreign Office. Si un porte-parole a simplement affirmé que Liz Truss comptait «continuer à renforcer la position britannique sur la Chine», son allié Iain Duncan Smith, ancien leader des «Tories», a jugé les propositions «surprenantes».
Affirmant que le Trésor, sous l’autorité de Rishi Sunak avait «poussé fort en faveur d’un accord économique avec la Chine», il a demandé : «Où étiez vous ces deux dernières
années ?»
Depuis l’éviction de Boris Johnson, conclusion de mois de scandales, les deux candidats se sont opposés surtout sur les questions fiscales. Liz Truss promet des baisses massives d’impôts tandis que Rishi Sunak veut d’abord réduire l’inflation massive provoquant actuellement une chute historique du pouvoir d’achat des ménages britanniques.
Le prochain Chef du gouvernement – le quatrième depuis le référendum du Brexit en 2016 – devra aussi gérer les répercussions de la sortie de l’Union européenne et la guerre en Ukraine, Londres s’étant posé jusqu’à présent en chef de file du soutien à Kiev et des sanctions contre Moscou.

M. M.

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