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mardi 3 août 2021

Courgette à 260 DA, navet à 180 DA, salade verte à 200 DA…: A la veille de l’Aïd, les prix ont pris feu

Sans surprise, la flambée des prix est au rendez-vous en cette veille de l’Aïd El Adha. En effet, depuis quelques jours, allant crescendo à mesure que la fête approche, les différents points de vente des fruits et légumes sont pris d’assaut par les citoyens venus s’approvisionner en denrées alimentaires.

Par Meriem Benchaouia

Comme d’habitude, les commerçants, sans aucun scrupule, profitent de la forte demande pour s’adonner à la spéculation, en dépit de tous les engagements pris par les autorisés concernées de diminuer ou garder en l’état, pour certains, les prix de ces produits. Si certaines personnes qualifient cette flambée de «normale» à la veille de chaque événement religieux, ils sont nombreux à accuser les «vendeurs véreux» qui n’ont, en fin de compte, qu’un seul souci : le gain rapide et facile. La hausse des prix des produits alimentaires de première nécessité est devenue une situation banale à laquelle s’attendent et se résignent les Algériens. Une simple virée dans les quelques marchés de la capitale nous a permis de confirmer de visu que les prix de certains produits ont pratiquement doublé, en dépit de leur abondance. Ce sont les produits les plus consommés en cet évènement qui ont connu une hausse vertigineuse, à l’instar de la courgette, cédée à 260 DA, la tomate entre 70 et 90 DA, le navet à 180 DA, le haricot rouge à 350 DA, le haricot vert à 250 DA, le citron entre 300 et 500 DA, la carotte à 100 DA, la laitue entre 180 et 200 DA. Même la pomme de terre a connu une hausse, passant de 35 à 75 DA. Les poivrons sont à 140 DA et l’oignon à 50 DA. Pour ce qui est des fruits, les prix ont également augmenté, y compris pour ceux de saison comme la pastèque, affichée à 60 DA et le melon à 70 DA. Deux jours auparavant, les prix ne dépassaient pas les 40 DA pour le premier produit et 50 DA pour le second. La nectarine, qui se vendait entre 150 et 170 DA, est passée à 250 voire 300 DA. Les prix du raisin oscillent entre 250 et 350 DA selon la qualité, alors que les bananes s’affichent à 230 DA le kg. C’est du moins ce que nous avons constaté, hier, lors d’une virée au niveau de quelques marchés de la capitale. De Bab el Oued à Ain Benian en passant par Zéralda, c’est la même rengaine. Les petites bourses, notamment, souffrent le martyre quotidiennement pour espérer faire quelques emplettes. «Nous traversons une période difficile, avec toutes les dépenses du mois de ramadhan, les vacances et maintenant l’Aïd el Adha. Nous devons en plus faire face à une flambée des prix», s’écrie un client. La majorité de la population ne trouve pas d’explication à ce phénomène qui généralement fait son apparition à l’approche de chaque fête, qu’elle soit religieuse ou nationale. «Tel que voulu par nos traditions, à chaque occasion qui se présente, nous préparons un festin et ce, sans trop réfléchir à la dépense qu’il engendre», nous dira un citoyen, lequel se dit habitué à ce genre de «pic» des prix, d’autant que l’Aïd el Adha est proche. Il poursuit : «Cette réalité constitue, malheureusement, une opportunité pour les marchands malhonnêtes qui comptent augmenter, à l’occasion de ces fêtes, leurs chiffres d’affaires». Il est vrai que les pères de famille à moyen et petit revenu se retrouvent, face à cette flambée, incapables de satisfaire les besoins de leurs petites familles, notamment les aliments à grande consommation. «On n’arrive plus à répondre à nos besoins. Nous sommes lynchés de partout», a déploré hier un père de famille. Marchands de fruits et légumes, détaillants ou grossistes, commerçants, agriculteurs, chacun défend sa position à sa manière, afin de convaincre les citoyens de la justesse des prix. Interrogé sur les causes de cette flambée injustifiée des prix des fruits et légumes, un marchand exerçant à Zéralda a évoqué l’absence de contrôle de la part des pouvoirs publics, que ce soit au niveau des marchés de gros ou de détail. Dans leurs explications sur la hausse des prix, certains marchands mettent en exergue le fait qu’«ils souffrent de l’intervention des spéculateurs et des intermédiaires en les obligeant à acquérir leur marchandise à un prix fixé après entente avec les grossistes». Les citoyens ne savent plus à quel saint se vouer, affirmant ne pas pouvoir joindre les deux bouts, et les autorités semblent incapables de réguler le marché des fruits et légumes, laissant le consommateur livré à la seule loi ultralibérale de l’offre et de la demande.
M. B.

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