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dimanche 4 décembre 2022

Corruption

Alors qu’en Israël Benyamin Netanyahu continue, élection après élection, d’être plébiscité par les urnes, ses affaires judiciaires de corruption continuent elles aussi à suivre leurs cours avec toujours plus de charges accablant le Premier ministre hébreu. Ce dernier a ainsi usé de son pouvoir de façon «illégitime» au bénéfice de ses «affaires personnelles», a déclaré, hier, la procureure générale Liat Ben-Ari à la reprise du procès pour corruption du Chef du gouvernement, au moment même où débutent des consultations post-élections déterminantes pour son avenir politique. «Netanyahu a usé de façon illégitime du grand pouvoir gouvernemental qui lui est conféré, entre autres pour demander et obtenir des avantages injustifiés de propriétaires de médias importants en Israël pour faire avancer ses affaires personnelles, notamment quand il voulait se faire réélire», a affirmé la procureure au tribunal de district de Jérusalem, en présence du Premier ministre. Premier Chef du gouvernement de l’histoire d’Israël à faire face à des accusations criminelles en cours de mandat, Netanyahu est accusé de corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires, des charges qu’il nie fermement. A 71 ans, dont 15 au pouvoir, il a quitté le tribunal de district de Jérusalem après les déclarations liminaires du parquet, avant l’audition des premiers témoins. «Menteur», «On veille sur la démocratie», pouvait-on lire aux abords du tribunal sur des pancartes de manifestants qui réclament depuis des mois sa démission en se réunissant devant sa résidence chaque samedi. Des dizaines de partisans du Premier ministre, le plus pérenne de l’histoire d’Israël, étaient également rassemblés devant le tribunal. Tandis que la procureure principale Liat Ben-Ari développait son propos, le président Reuven Rivlin a entamé à quelques kilomètres des discussions de deux jours avec des responsables de partis en vue de désigner un candidat chargé de former un gouvernement. Le Likoud, parti de droite de Netanyahu, est arrivé en tête des législatives du 23 mars, les quatrièmes en moins de deux ans, avec 30 sièges sur 120 à la Knesset. Mais ce résultat, combiné à celui de ses alliés naturels, ne lui assure pas la majorité de 61 sièges pour former un gouvernement stable. Et face à lui, de nombreuses formations sont décidées à mettre fin à ses douze années d’affilée de règne. Faute de leader commun dans ce camp, Netanyahu pourrait obtenir le plus de recommandations, avec le soutien de 16 députés des partis ultraorthodoxes Shass et Judaïsme unifié de la Torah, et six de l’alliance d’extrême droite Sionisme religieux. Habituellement, le candidat qui obtient le plus de recommandations est désigné et dispose de 28 jours pour former un gouvernement, délai qui peut être allongé de 14 jours. Mais Reuven Rivlin a sous-entendu la semaine dernière que les calculs de sièges pourraient ne pas être le seul facteur déterminant et qu’il nommerait demain un candidat capable de former un gouvernement qui «guérira les divisions (…) et reconstruira la société». Étant donné l’acrimonie ayant régné par le passé entre Netanyahu et Reuven Rivlin, le Likoud a interprété ces déclarations comme un signe de soutien tacite aux adversaires du Premier ministre. Dans l’immédiat, le procès de Netanyahu ne menace pas ses ambitions, puisqu’il n’aurait à démissionner qu’en cas de condamnation définitive et l’épuisement de tous les recours pourrait prendre des années. Reste ainsi à voir si les juges condamneront finalement le dirigeant d’extrême-droite qui traîne ses affaires de corruption et d’abus de pouvoir derrière lui depuis de longues années, et offriront ainsi dans le même temps aux Israéliens la possibilité de voir quitter la gouvernance de leur pays une personnalité qui a radicalisé les électeurs et sa politique, au point de rendre tout dialogue avec l’actuel gouvernement israélien quasi-impossible et surtout inutile.

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