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samedi 4 décembre 2021

Corridor

Si la crise des migrants à la frontière polonaise, et donc à la frontière de l’Europe, s’est aujourd’hui calmée, elle risque de se renflammer à tout moment selon le bon vouloir du président biélorusse Alexandre Loukachenko, qui espère toujours réussir à négocier avec l’UE un accord aussi juteux que celui du président turc Recep Tayyip Erdogan. Le président du Bélarus a ainsi accusé, en début de semaine, les autorités de l’Union européenne de refuser toute discussion avec Minsk sur le sort de deux milliers migrants bloqués près de la frontière orientale de l’UE. L’Occident accuse la Biélorussie de créer artificiellement la crise en faisant venir des candidats à l’immigration, principalement du Moyen-Orient, et en les amenant à la frontière d’où ils promettent un passage facile dans l’UE, pour se venger des sanctions occidentales visant le régime. La Biélorussie a démenti cette accusation, reprochant plutôt à l’UE de ne pas accueillir les migrants. «J’attends que l’UE réponde à la question concernant les 2 000 migrants», a déclaré Loukachenko, cité par l’agence de presse étatique Belta, lors d’une réunion gouvernementale. Des milliers de migrants, pour la plupart des Kurdes irakiens, ont été bloqués plusieurs jours dans une forêt froide et humide à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne, espérant rejoindre l’Europe occidentale. Environ 400 d’entre eux ont été rapatriés jeudi dernier par avion en Irak et environ 2 000 ont été mis à l’abri par les autorités biélorusses dans le hangar d’un centre logistique voisin de la frontière. Alexandre Loukachenko a affirmé lundi avoir demandé à l’UE d’accueillir ces migrants. «La chancelière allemande Angela « Merkel m’a promis qu’ils allaient examiner ce problème au niveau de l’UE», a assuré le président biélorusse, qui s’est entretenu au téléphone deux fois la semaine dernière avec elle. «Mais ils ne le font pas», a-t-il affirmé. Selon le président biélorusse, les responsables européens refusent tout contact sur ce sujet, malgré des appels du ministre biélorusse des Affaires étrangères. «Nous devons réclamer des Allemands qu’ils les accueillent», a estimé Loukachenko, en référence aux migrants. La Biélorussie a assuré la semaine dernière que la chancelière allemande allait négocier avec l’UE un «corridor humanitaire» pour évacuer les 2 000 migrants restants vers l’Allemagne. Cette annonce a cependant été démentie fermement par le gouvernement allemand. «L’idée qu’il puisse y avoir un corridor humanitaire vers l’Allemagne pour 2 000 migrants, et nous (…) l’avons dit la semaine dernière, n’est pas une solution acceptable pour l’Allemagne ou l’UE», a déclaré lundi à la presse le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, réagissant aux déclarations de Loukachenko. Ce dernier semble ainsi déterminé à mettre la pression sur l’UE et plus particulièrement sur l’Allemagne, qui fut un élément clé de l’accord sur les migrants passé avec Recep Tayyip Erdogan. Berlin, néanmoins, ne souhaite visiblement pas refaire deux fois la même erreur et tente désormais de se montrer aussi ferme que possible face à Loukachenko qui veut probablement se venger des sanctions européennes dont il fait l’objet, suite à la dernière élection présidentielle au Bélarus.

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