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mardi 16 août 2022

COP26 : le pessimisme mesuré de Boris Johnson

Les experts du climat membres du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), relevant de l’ONU, sonnent l’alarme sans discontinuer sur le réchauffement climatique, et ses conséquences désastreuses à la fois sur la planète et le vivant en général, depuis la création de leur organisation en 1988. Leurs rapports d’évaluation n’ont cessé depuis de sonner le tocsin de plus en plus fort, si bien que tout le monde a fini par leur prêter attention, d’autant que leur message n’a guère varié. Aujourd’hui, ce n’est plus tant de réchauffement climatique qu’il est question dans leurs documents que d’urgence climatique. Ce qui prouve bien que s’ils sont maintenant écoutés, ils ne sont pas encore entendus. Si désormais on prête l’oreille à ce qu’ils disent, ce n’est pas parce que leurs arguments scientifiques ont fini par porter, mais parce que les catastrophes naturelles directement imputables au dérèglement du climat ont eu tendance à se multiplier ces dernières années. La série noire de 2021 tout particulièrement, diverse dans ses manifestations mais égale à elle-même dans ses destructions à travers le monde, a été impressionnante, y compris aux yeux des plus climato-sceptiques, qui du coup n’élèvent plus la voix.

Ce qui ne veut d’ailleurs pas dire qu’ils se sont complètement tus, et encore moins qu’ils aient changé d’opinion. Si Donald Trump était encore à la tête des Etats-Unis, l’un des deux pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre, l’autre étant la Chine, le plus probable est qu’il ne serait pas revenu sur sa décision de sortir de l’accord de Paris de 2015, à la seule vue des grandes incendies ayant ravagé la Californie cet été, mais il est possible qu’il en eût été secoué. Les catastrophes funestes de 2021, dont l’Algérie a eu sa part, sont pour beaucoup dans le vif intérêt que suscite la COP26, qui s’est ouverte dimanche à Glasgow. Elle devait avoir lieu en 2020, mais la pandémie, l’autre catastrophe, dont on ne sait trop si elle a un lien avec le dérèglement du climat, encore que beaucoup le supposent, en avait décidé autrement. La COP26 renvoie à la COP21, en cela qu’elle a été conçue pour servir de moment d’évaluation de l’application des engagements pris par les Etats à Paris en 2015. Non seulement les réductions d’émission, sur lesquelles se sont engagées les parties prenantes, n’ont pas été atteintes, il s’en même faut de beaucoup, mais leurs niveaux sont à revoir à la hausse, le mal ayant empiré dans l’intervalle. Il ne s’agit même plus de se colleter avec le réchauffement climatique, ni même de trouver remède au dérèglement climatique, ce qui est déjà plus grave, mais de faire face à l’urgence climatique. Or la grand-messe commençait à peine à Glasgow que le Premier ministre britannique voyait déjà ses chances de réussite tomber à 60 %. Serait-ce que pour lui la messe était dite à Rome, lors du G20, auquel comme par hasard n’ont assisté ni le président chinois ni le président russe ? Les deux n’assisteront pas non plus à la COP26, un peu comme si les deux événements quelque part n’en constituaient qu’un. Dans cette lutte si nouvelle contre le réchauffement climatique, les engagements des uns et des autres sont volontaires, non contraignants de ce fait même. Une urgence de cette dimension est-elle traitable de cette
façon ? Le doute est permis. Même si Greta Thunberg est sur place avec sa phalange de jeunes combattants redoutables, et qu’ensemble elles donneront de la voix.

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