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dimanche 19 mai 2024

Coopération: L’Espagne «rassurée» sur l’approvisionnement en gaz algérien

Alors que le contrat d’utilisation d’un gazoduc Maghreb-Europe (GME) qui relie l’Algérie à l’Espagne via le Maroc est à un mois de son expiration et que les autorités algériennes ont décidé de ne pas renouveler, l’Espagne est définitivement «rassurée» quant à la continuité de son approvisionnement en gaz à l’issue de la visite, jeudi en Algérie, du chef de sa diplomatie.

Par Louisa Ait Ramdane

Jose Manuel Albares Bueno l’a clairement dit à l’issue de l’audience que lui a accordée le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Il s’est dit rassuré par les plus hautes autorités algériennes quant à la poursuite de l’approvisionnement de son pays en gaz algérien. Pour José Manuel Albares, «l’Algérie est un partenaire énergétique de premier ordre pour l’Espagne. Elle a toujours été aussi un partenaire fiable qui a honoré ses engagements». Affirmant au terme d’une réunion de travail avec le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, que «les deux pays aspirent à ce que leur coopération économique atteigne le niveau souhaité et soit mutuellement bénéfique, le chef de la diplomatie espagnole a exprimé le souhait des deux pays de hisser leur partenariat énergétique à des secteurs novateurs permettant d’aller vers la transition énergétique.
«J’ai transmis la volonté de l’Espagne d’entamer les travaux de préparation de la prochaine réunion de haut niveau qui aura lieu en Espagne et qui doit servir à identifier des secteurs novateurs pour élargir et approfondir le contenu de notre relation bilatérale. Nous avons regardé vers les secteurs novateurs, comme les énergies renouvelables, l’agriculture et la construction navale», a, en outre, indiqué M. Albares. Concernant la relation de l’Algérie avec l’Union européenne, il a assuré que l’Espagne œuvrera pour «un approfondissement» qui sera «bénéfique pour toutes les parties». Mis en exploitation en 1996, le GME achemine du gaz à partir de Hassi R’mel vers l’Espagne, sur 1 400 km, en passant par le territoire marocain. Il alimente l’Espagne et le Portugal à hauteur de 10 milliards de m3 par an. Le sort du GME, mis en service en 1996, qui achemine le gaz algérien vers l’Espagne et le Portugal, a constitué une source d’inquiétude. Le non-renouvellement du contrat, qui expire le 31 octobre, a été confirmé le 7 septembre. Cette décision est une mesure prise par Alger en réaction à une série d’«actes hostiles» et de «provocations» du Maroc. Le 26 août, le ministre algérien de l’Energie, Mohamed Arkab, avait reçu l’ambassadeur d’Espagne qu’il avait rassuré de «l’engagement total de l’Algérie de couvrir l’ensemble des approvisionnements de l’Espagne en gaz naturel». L’Algérie avait pris ses devants en renforçant les capacités de l’autre gazoduc, le Medgaz, qui relie Beni Saf à Almeria à travers la Méditerranée, sans passer par le Maroc.
Par ailleurs, M. Albares a indiqué s’être mis d’accord avec son homologue algérien «pour diversifier, amplifier et enrichir les échanges commerciaux et élargir la coopération, notamment aux domaines de la construction navale, du tourisme et de l’agriculture». Le ministre espagnol, dont c’est la première visite en Algérie en tant que ministre des Affaires étrangères, a déclaré que la réunion de travail a été «une opportunité pour aborder des axes assez importants et mettre en exergue la relation de bon voisinage entre les deux pays».
En outre, Lamamra a passé en revue, lors d’une séance de travail qu’il a tenue le même jour au siège du ministère avec son homologue espagnol, les différents aspects des relations bilatérales. «Nous avons passé en revue les différents aspects des relations entre l’Espagne et l’Algérie, à commencer par les prochaines échéances politiques entre les deux pays, à leur tête la tenue du prochain sommet en Espagne, puis des échéances liées à la coopération, la coordination entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays, ainsi que d’autres rendez-vous où il sera question de l’approfondissement à l’élargissement de l’édification et du partenariat économique entre les deux pays», a indiqué Lamamra. Selon lui, cette relation est appelée à se développer pour davantage de réalisations futures, car il s’agit d’un objectif reflétant la volonté politique et les capacités des deux pays dans les différents domaines économiques. Elle démontre aussi, poursuit Lamamra, «l’importance aux yeux des autorités algériennes des relations bilatérales, de leur qualité et de leur volume, et ce, de par le statut de l’Espagne comme Etat méditerranéen important ayant des relations traditionnelles et des perspectives prometteuses de coopération économique avec l’Algérie».

L . R

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