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mardi 28 juin 2022

Coopération: Le Président italien Sergio Mattarella en visite d’Etat de deux jours en Algérie

Le président de la République italienne, Sergio Mattarella, a entamé, hier, une visite d’Etat de deux jours en Algérie, à la tête d’une importante délégation. M. Mattarella a été accueilli à son arrivée à l’aéroport international Houari-Boumediene par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

Par Hocine H.

Etaient également présents à la cérémonie d’accueil, le président du Conseil de la nation, Salah Goudjil, le président l’Assemblée populaire nationale (APN), Brahim Boughali, le Premier ministre, ministre des Finances, Aimene Benabderrahmane, le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, et le général de corps d’Armée, Saïd Chanegriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP). Les deux présidents ont écouté les hymnes nationaux des deux pays, puis ont passé en revue un détachement de la Garde républicaine et des trois corps de l’ANP qui leur ont rendu les honneurs. La visite du président italien s’inscrit dans le cadre de la consolidation du partenariat et du renforcement des relations de coopération étroite entre les deux pays amis ainsi que l’ouverture de nouvelles perspectives au service des intérêts des deux peuples. Cette visite permettra également aux deux pays de poursuivre le dialogue politique qu’ils entretiennent depuis plusieurs années, tout en privilégiant un partenariat solide et stratégique dans divers domaines et secteurs afin de faire face aux défis régionaux auxquels ils se trouvent confrontés. En ce sens, les relations séculaires algéro-italiennes, marquées du sceau de l’amitié et du respect mutuel, sont appelées à se consolider davantage. Pour rappel, le Mémorandum d’entente sur le dialogue stratégique sur les relations bilatérales et les questions politiques et de sécurité globale, signé entre les deux pays en décembre 2020 à Alger, s’inscrit dans le prolongement du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération liant les deux pays, signé en 2003 à Alger.

Président italien : la solution au conflit au Sahara occidental doit tenir «dûment compte des droits du peuple sahraoui»
La solution au conflit au Sahara occidental doit tenir «dûment compte des droits du peuple sahraoui», a indiqué le président italien, Sergio Mattarella, exprimant le souhait d’une reprise de négociations directes entre les parties en vue d’une solution «équitable et durable» de la question. «Nous suivons de très près la question du Sahara occidental. Nous avons toujours soutenu avec conviction le rôle joué par les Nations unies et, à cet égard, nous avons appris avec satisfaction la nomination du diplomate italo-suédois Staffan De Mistura comme envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU», a soutenu le président italien dans un entretien au quotidien national «El Moudjahid», publié hier. M. Mattarella, qui a entamé une visite d’Etat de deux jours en Algérie, a formulé l’espoir que «l’engagement de M. De Mistura pourra contribuer, malgré la situation actuelle de tension, à une reprise de négociations directes entre les parties (au conflit, Maroc et Front Polisario, ndlr) en vue d’une solution équitable et durable de la question, qui tienne dûment compte des droits du peuple sahraoui». Le Président Mattarella a souligné, dans ce contexte, que l’Italie soutient «le rôle de l’Algérie et son attachement au cadre onusien sur le Sahara occidental».

Coopération énergétique : l’Algérie restera un «partenaire central» de l’Italie
L’Algérie, deuxième fournisseur de gaz de l’Italie, restera dans le domaine de la coopération énergétique un «partenaire central» de ce pays qui souhaite renforcer et diversifier le partenariat bilatéral, a indiqué le président italien, Sergio Mattarella, dans un entretien au quotidien national «El Moudjahid» publié hier. «L’Algérie est le deuxième fournisseur de gaz de l’Italie. Tenant compte de l’histoire spéciale qui lie nos deux pays et surtout du rôle central qu’a joué ENI (première entreprise italienne d’hydrocarbures, ndlr), je suis convaincu que l’Algérie restera un partenaire central aussi dans le futur», a affirmé le président italien qui a entamé hier une visite d’Etat de deux jours en Algérie. M. Mattarella a exprimé l’intérêt de l’Italie de «diversifier le partenariat bilatéral en explorant de nouvelles collaborations avec des entreprises algériennes, dans les secteurs (présentant) de nouvelles opportunités, tels que les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Ce sont des secteurs qui sont notamment au cœur des stratégies de transition énergétique italienne et algérienne et dont les opportunités économiques vont se multiplier dans les prochaines années», a-t-il fait valoir.

L’Italie souhaite accompagner l’Algérie dans le processus de diversification de son économie
Le chef de l’Etat italien a indiqué que son pays regardait avec «attention» la mise en œuvre du plan d’action du Premier ministre, ministre de Finances, Aïmene Benabderrahmane, un «plan ambitieux qui vise à améliorer le climat des affaires dans le but d’accompagner les perspectives de diversification de l’économie algérienne, y compris en faveur des opportunités pour les nouvelles générations», ajoutant que «l’Italie souhaite accompagner l’Algérie dans ce parcours». Sur un autre registre, le président italien a plaidé pour un «partenariat efficace» entre l’Europe et l’Afrique sur la question migratoire. «L’Europe et l’Italie sont prêtes à agir pour un changement réel, effectif et mutuellement bénéfique, y compris en contribuant financièrement à l’éradication de la pauvreté et à la réalisation d’un développement durable, à partir des pays d’où les flux migratoires irréguliers partent», a-t-il soutenu. A propos de la crise libyenne, M. Mattarella a relevé que les positions italienne et algérienne sur la situation en Libye sont «très proches», notant que Rome soutient «la nécessité pour les pays voisins, y compris l’Algérie, d’être impliqués dans le processus de Berlin qui, avec les initiatives dans le cadre onusien, a tracé le chemin de la paix en Libye». «Nous apprécions le rôle d’Alger dans cette perspective et nous avons pris note avec intérêt des résultats du sommet entre pays voisins qui s’est tenu à Alger en août dernier», a-t-il ajouté.

L’Algérie, «acteur crucial» en Méditerranée et en Afrique
Dans un autre entretien au journal «Liberté», le Président Mattarella a plaidé pour un partenariat entre l’Union européenne et l’Algérie, «acteur crucial» en Méditerranée et en Afrique, basé sur «l’intérêt réciproque, et sur un plan d’égalité et de parité». «L’Italie considère l’Algérie comme un acteur crucial dans la Méditerranée et en Afrique. C’est pour cela que, en tant que pays fondateur de l’Union européenne, nous sommes convaincus de l’opportunité d’un rapprochement entre l’UE et l’Algérie, basé sur l’intérêt réciproque et sur un plan d’égalité et de parité». «Le nouvel agenda pour la Méditerranée, approuvé ces derniers mois par l’UE grâce à l’appui italien, indique clairement la prise de conscience d’aller dans cette direction. Nous pensons également que le plan économique et d’investissement pour la région proposé par les institutions européennes pourra jouer un rôle important dans le soutien du développement économique de l’Algérie», a-t-il considéré.
H. H.

 

TransMed, le gazoduc qui alimente l’Italie par le gaz algérien

Le Trans-Mediterranean Pipeline (TransMed) est le gazoduc qui alimente l’Italie par le gaz algérien, depuis sa mis en service en 1983, en transitant par la Tunisie. Voici une fiche technique de ce gazoduc, portant aussi le nom d’Enrico Mattei (GEM), figure de proue de la coopération économique et de l’amitié entre l’Algérie et l’Italie, des relations appelées à se renforcer davantage avec la visite d’Etat du président italien, Sergio Mattarella, depuis hier samedi en Algérie.
– Le premier accord de principe portant sur ce gazoduc a été signé entre l’Algérie et l’Italie en 1972. En 1977, un contrat de vente est conclu entre le Groupe Sonatrach et le Groupe italien Eni, portant sur l’exportation de 12,3 milliards de m3/an sur 25 ans.
– Le contrat a été renouvelé avec une augmentation du volume en 1990. Il a été ensuite prolongé en mai 2019 jusqu’à 2027, avec une option de deux années supplémentaires jusqu’en 2029.
– La Tunisie, en contrepartie de la traversée du gazoduc de son territoire et de l’entretien qu’elle assure sur sa section, reçoit environ 6 % du gaz transporté.
– Le système de transport et d’exportation du gaz naturel de l’Algérie vers l’Italie est constitué de 3 tronçons de gazoducs.
Il s’agit des :
– Tronçon en territoire algérien (gazoduc Enrico Mattei), reliant les champs de production de Hassi R’mel à la station de comptage gaz de Oued Safsaf située à la frontière Algéro tunisienne. <
– Tronçon en territoire tunisien (gazoduc TTPC-Transtunisien), reliant la station de compression de Feriana située à la frontière algéro-tunisienne à la station de compression gaz de Cap Bon, sur la mer Méditerranée.
– Tronçon sous marin «sea-line»: un gazoduc sous-marin traversant le Détroit de Sicile de Cap Bon à Mazara del Vallo, point d’entrée en Italie.
– La capacité de transport du GEM est de 33,15 milliards de m3/an.
– En 2020, l’Algérie a exporté vers l’Italie 14,8 milliards de m3 de gaz, soit une progression de 12 % par rapport à 2019. Sa part de marché en Italie a ainsi augmenté à 22 % en 2020 contre 18 % en 2019.
R. N.

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