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mardi 2 mars 2021

Coopération commerciale avec l’UE: Les experts appellent à la révision des accords d’association

Critiqués par plusieurs experts, les accords d’association signés par l’Algérie avec l’Union européenne ont été mal négociés et ne contribuent pas au renforcement de l’investissement étranger et au développement économique et ne renforcent pas les revenus de l’Algérie provenant des exportations.

Par Louisa Ait Ramdane

Les experts ont appelé à une révision de l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne, qui, selon eux, n’a pas été d’un apport important pour l’économie nationale. Selon eux, la balance commerciale est très défavorable à l’Algérie. «L’accord d’association Algérie-UE n’a généré ni l’investissement direct étrangerqui est pratiquement nul, ni de postes d’emploi et de croissance économique», ont-ils déploré, soulignant que l’accord devrait miser en faveur de l’économie nationale afin de créer un investissement équilibré basé sur la création d’emplois et l’encouragement des exportations.
L’expert en commerce extérieur, Chakib Kouidri, a déclaré, hier, lors de son passage à la radio Chaîne 1, que «les pertes et le déséquilibre résultant du partenariat entre l’Algérie et l’Union européenne nécessitent de s’asseoir à la table des négociations», soulignant que «la partie qui bénéficie de ce partenariat est bien évidemment l’Europe». «Il faut procéder à la révision de cet accord et nous mettre autour d’une table pour le renégocier», a-t-il suggéré. L’expert a appelé ainsi à «reconsidérer cet accord, en faisant un bilan de ce qui a été réalisé et ce qui n’est pas réalisé et en dénombrant les matériaux qui peuvent être introduits sur les marchés européens». Selon lui, depuis l’entrée en vigueur de cet accord, «aucun produit n’est exporté en dehors du cadre des hydrocarbures», a-t-il regretté.
De son côté, Ahmed Cherifi, professeur en économie à l’université, a souligné «le déséquilibre flagrant dans les échanges commerciaux entre l’UE et l’Algérie», notant qu’«il y a moins d’investissements directs étrangers et peu d’exportations de l’Algérie vers l’UE». Il a relevé que «l’Algérie a pris de nombreuses mesures incitatives pour attirer les capitaux étrangers, mais l’Union européenne ne délibèrent pas d’investisseurs en Algérie», soulignant que «les relations entre l’Algérie et les pays européens sont typiquement commerciales et ne se développent pas en relations basées sur l’investissement et le développement de l’économie nationale». Dans ce sens, les experts économiques confirment que cet accord n’était pas dans l’intérêt de l’économie nationale, appelant à la nécessité de revoir ses termes dont bénéficie l’UE, déplorant le fait que «tout le chapitre relatif à l’investissement n’a pas été pris en charge». Pour rappel, en 2002, l’Algérie avait signé un accord d’association avec l’UE. Entré en vigueur en 2005, cet accord prévoit l’établissement de la zone de libre- échange entre les deux parties en 2017 avant de prolonger de trois ans le délai de l’établissement de cette zone jusqu’à septembre 2020. Cependant, l’Algérie a décidé de revoir à nouveau cet accord pour préserver sa production nationale, à travers notamment la révision du calendrier du démantèlement tarifaire.
L. A. R.

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