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jeudi 30 juin 2022

Convoitises

Alors que l’Union européenne doit faire face à une recrudescence, dans certains pays, de la pandémie de Covid-19, même si aujourd’hui les chiffres annoncés sont incomparables avec les chiffres des victimes au plus fort de la crise sanitaire, la crise diplomatique avec la Turquie poursuit son cours. En effet, il y a quelques jours, la France et six pays du sud de l’UE ont exhorté la Turquie à cesser sa politique de «confrontation» en Méditerranée orientale. Mais de son côté, Recep Tayyip Erdogan refuse comme à son habitude la désescalade verbale et embraye. Samedi, le président turc a donc averti son homologue français Emmanuel Macron de «ne pas chercher querelle à la Turquie», alors que la tension monte entre les deux pays à propos de la situation en Méditerranée orientale. «Ne cherchez pas querelle au peuple turc, ne cherchez pas querelle à la Turquie», a lancé Recep Tayyip Erdogan dans un discours télévisé à Istanbul, en référence aux sévères critiques émises par Emmanuel Macron envers Ankara dans le cadre du conflit entre la Turquie et la Grèce à propos de la prospection pétrolière en Méditerranée. Emmanuel Macron et ses six homologues du sud de l’UE ont exhorté jeudi la Turquie à cesser sa politique de «confrontation» en Méditerranée orientale et l’ont menacée de sanctions européennes si Ankara continue à contester les droits d’exploration gazière de la Grèce et de Chypre dans la zone. Emmanuel Macron avait aussi estimé que le gouvernement turc «avait aujourd’hui des comportements inadmissibles» et devait «clarifier ses intentions». Recep Tayyip Erdogan a exhorté samedi la Grèce à «se tenir à l’écart des actions erronées» soutenues par des pays comme la France en Méditerranée orientale. La France a intensifié sa présence militaire dans cette zone le mois dernier. «M. Macron, vous n’avez pas fini d’avoir des ennuis avec moi», a lancé le président turc, en s’en prenant pour la première fois directement et nommément à son homologue. Recep Tayyip Erdogan l’a aussi accusé de «manquer de connaissances historiques» et a estimé que la France «ne pouvait pas donner de leçon d’humanité» à la Turquie en raison de son passé colonial en Algérie et de son rôle dans le génocide de 1994 au Rwanda. La Turquie revendique le droit d’exploiter des gisements d’hydrocarbures dans une zone maritime qu’Athènes estime relever de sa souveraineté. Ces dernières semaines, les deux pays ont montré leurs muscles à coups de déclarations martiales, de manœuvres militaires et d’envois de navires sur zone. La France a clairement affiché son soutien à la Grèce en déployant des navires de guerre et des avions de combat dans la région, une initiative vivement dénoncée par le président turc. Ainsi, Ankara qui a postulé pendant plus de vingt pour une adhésion à l’Union européenne voit aujourd’hui clairement qu’elle ne fait pas partie de ce bloc de pays qui fait montre d’une grande solidarité aujourd’hui et qui malgré les multiples et habituelles gesticulations d’Erdogan reste ferme et semble même prêt à aller à l’affrontement. Reste à savoir si le président turc continuera à bomber le torse dans le cas où ces pays de l’UE, la France notamment, seront prêts à aller jusqu’au bout de leur logique et défendre militairement leur allié européen grec contre les convoitises turques en Méditerranée.

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