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samedi 10 décembre 2022

Convictions

Xavier Bertrand s’était préparé durant près de cinq ans à être le candidat de la droite à l’occasion des élections présidentielle d’avril 2022. Ayant quitté Les Républicains en 2017, le président du conseil régional des Hauts-de-France affirmait sa détermination à se présenter coûte que coûte, même si son ancienne famille politique choisissait de présenter elle-même son propre candidat. Une décision alors critiqué par les LR qui accusait Bertrand de faire le jeu de l’opposition en divisant la droite. Mais ce dernier, fort de sondages favorables, se présentait alors comme le seul candidat à droite capable de mobiliser et de vaincre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Mais plutôt que de céder, Les Républicains ont tenu bon et avancé l’idée d’un congrès pour choisir un candidat pour la présidentielle. Une idée très bien accueillie par les sympathisants de droite, forçant la main à Bertrand qui a finalement choisi de se prêter au jeu des élections internes avec cinq candidats en lice. Mal lui en a pris, car non seulement il n’en est pas sorti vainqueur mais a été relégué à la quatrième place. Aujourd’hui, dix mois après le congrès et cinq mois après les élections présidentielles, Xavier Bertrand tente un retour sur le devant de la scène politique en créant «Nous France», parti associé à LR. Dans une interview accordée au «Figaro», l’ex-ministre de Nicolas Sarkozy estime qu’il «faut tout changer, sans tabous à droite» et assure qu’il n’a «pas l’intention d’être spectateur de cette reconstruction». «Nous avons besoin d’idées neuves et de sang neuf pour proposer un nouveau projet de société et inventer la droite du XXIe siècle», affirme Xavier Bertrand, qui doit lancer samedi à Saint-Quentin son parti Nous France. Ce parti «a vocation à s’adresser à tous les Français, membres ou non des Républicains, qui se reconnaissent dans nos valeurs : une droite populaire, enracinée dans les territoires, attachée à l’ordre et au travail, confiante dans le progrès et qui fait confiance aux entreprises», explique-t-il. «Je ferai tout pour que LR ne devienne pas un astre mort comme le PS», mais «si on refuse de tirer les leçons de ce qui vient de nous arriver à la présidentielle, les LR sont morts», estime le président du conseil régional des Hauts-de-France. Plaidant pour «dire clairement non à toute idée mortelle d’union de la droite et de l’extrême droite», il défend «une droite rassembleuse, humaniste» face à la «ligne identitaire» dans laquelle il «ne se reconnaîtra jamais». Une façon de se démarquer de la ligne dure défendue par Éric Ciotti qui compte, s’il est élu président du parti, faire désigner rapidement Laurent Wauquiez candidat à la présidentielle de 2027. «On pourrait même aller plus loin et désigner aussi le candidat Les Républicains pour 2032 et 2037», ironise Xavier Bertrand. «Soyons sérieux. On sort d’une présidentielle catastrophique, alors chaque chose en son temps», affirme-t-il. Interrogé sur la présidentielle de 2027, il l’assure : «Mon envie et mon énergie de me battre pour mes convictions sont intactes». «Je ne vais pas rester quatre ans et demi les bras croisés et voir notre pays et nos concitoyens en proie aux pires difficultés. Je regarde devant, bien décidé à mettre mon expérience et mon énergie au service de mes convictions et de mes concitoyens», promet-il. Bertrand semble ainsi toujours arborer une ambition qui pourrait être toutefois trop grande pour lui. Valérie Pécresse aussi pensait avoir ce qu’il fallait pour s’engager dans la course à la présidentielle, avec le soutien de son parti et des sympathisants, mais a fini au premier tour avec un score inférieur à 5 % et près de cinq millions d’euros de dettes.

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