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jeudi 25 avril 2024

Contraintes

La présidente de la Commission européenne n’a, cela est le moins que l’on puisse dire, pas toujours fait l’unanimité. Elle a été particulièrement critiqué après les épisodes de la crise sanitaire du Covid-19 et de la guerre en Ukraine. Son ingérence régulière dans les affaires internes des pays de l’UE a fini par faire d’elle l’une des personnalités européennes les plus contestées et attaquées. Les députés français du groupe Les Républicains au Parlement européen sont aujourd’hui allés plus loin et ont annonçés dès aujourd’hui qu’ils s’opposeront à un second mandat d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne, même si elle sera très probablement la candidate de leur famille politique, le PPE, a indiqué hier François-Xavier Bellamy. «Nous ne la soutiendrons pas dans l’élection qui vient avec les Républicains, parce que nous considérons que le bilan n’est pas à la hauteur de ce que l’Europe attend aujourd’hui», a déclaré la tête de liste LR. Les élections européennes de juin déboucheront sur un renouvellement des têtes des principales institutions de l’UE, dont celle de la Commission, qui doit refléter l’équilibre politique issu du scrutin. Ursula von der Leyen, qui a déclaré lundi sa candidature, devrait être désignée début mars comme la candidate du Parti populaire européen (PPE), dont fait partie LR. Le PPE compte le plus de chefs d’État et de gouvernement au sein de l’UE et devrait arriver en tête des élections, selon les sondages. Mais avec 8 eurodéputés sortants contre 29 à la CDU allemande, les Républicains pèsent peu au sein du PPE. Et ce poids ne devrait guère être renforcé à l’issue du scrutin, si on en croit les sondages qui les créditent pour l’instant d’environ 8 %. Les LR n’avaient déjà pas soutenu Ursula von der Leyen en 2019, a rappelé François-Xavier Bellamy qui lui reproche d’avoir été «la candidate d’Emmanuel Macron» et d’avoir affiché au cours de son mandat une trop grande proximité avec le président français. La présidente de la Commission avait par exemple fait un passage remarqué aux dernières universités d’été du parti macroniste Renaissance. Surtout, les LR critiquent une politique beaucoup trop écologiste à leurs yeux, connue sous le nom de «Pacte vert» et cible de la colère des agriculteurs. Sous la pression du PPE, Ursula von der Leyen a d’ailleurs renoncé à la fin de son mandat à certains objectifs sur la réduction de l’usage des pesticides ou la restauration de la nature. La présidente de la commission européenne a réussi en quelques années seulement à devenir, comme personne avant elle, l’emblème absolu de l’ingérence étouffante exercée par Bruxelles sur des pays européens qui sont de plus en plus nombreux à élever la voix pour réclamer des institutions européennes avec moins de contraintes.

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