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jeudi 25 février 2021

Contestation sociale à Béjaïa : Grande mobilisation des travailleurs

Des milliers de travailleurs sont descendus hier dans les rues de Béjaïa pour défendre leur avenir, crier leur ras-le-bol, leur désarroi et dire non à la politique de la terre brûlée menée par certains responsables. C’est ainsi que l’Union de wilaya (Ugta), le Snapap, le Satef, ont mobilisé avant-hier leurs troupes dans deux actions distinctes : celle de l’Union de wilaya depuis le siège de l’Entreprise portuaire de Béjaïa (EPB), soutenue par le PST, et celle de la Fédération des travaux publics (Snapap/Cgata) entamée à partir de la maison de la culture. Ces deux actions de mobilisation ont été précédées par des rassemblements et ont drainé beaucoup de monde. L’Union de wilaya (Ugta), dont l’action a été soutenue par le PST, a observé avec ses troupes venues de plusieurs secteurs et plusieurs communes de la wilaya, un rassemblement devant l’EPB, interpellant les pouvoirs publics «à se pencher sérieusement sur la situation socio-économique qui prévaut au niveau de la wilaya et qui s’aggrave davantage, devenant très inquiétante» et dénonçant «le plan machiavélique de déstructuration du tissu industriel de la wilaya qui est mis en branle». Les protestataires ont exigé «la réintégration des travailleurs de Numilog licenciés abusivement, la levée des poursuites judiciaires intentées à l’encontre des travailleurs de différents secteurs dont ceux de l’EPB, la prise en charge effective des entreprises publiques en difficulté et menacées de fermeture telles qu’APMC-Divindus, Alcovel, Alfaditex, Sntex Kherrata, SeS Tiab, GESI-TP, Alrec, Capref, le paiement des arriérés de salaires des travailleurs, le respect du droit syndical, entre autres». Ils ont également rejeté «les tentatives de privatisation du secteur public et des entreprises stratégiques dont l’EPB, ETUB, et GESL-TP» et dénonçant «le licenciement des travailleurs (Numilog), les atteintes aux libertés syndicales et au droit de grève». Ils exigent un plan spécial pour sauver les entreprises de la wilaya. Le secrétaire de wilaya de l’Union de wilaya (Ugta), Aziz Hamlaoui, a pris la parole pour faire remarquer que «17 entreprises vivent dans la misère à Béjaïa, les corps communs perçoivent moins du SNMG, le dinar algérien est dévalué et n’a pas de valeur et les travailleurs ne peuvent pas vivre avec un salaire de 20 000,00 DA mensuellement même avec un salaire de 100 000,00 DA». «D’autres sont licenciés ou menacés de licenciement et se retrouvent sans emploi à cause des difficultés financières de leurs entreprises», a-t-il poursuivi. Selon lui, «l’unité des travailleurs est inéluctable et leur lutte va aboutir à la prise en charge de leurs revendications et leurs droits». Il a salué, l’action du Snapap, sans le citer, l’appelant à «une lutte commune». Il a averti sur les conséquences socio-économiques qui peuvent découler de ce qu’il appelle «le plan machiavélique mené contre la wilaya, visant à se débarrasser peu à peu du secteur public en injectant des entreprises soutraitantes». Prenant la parole, Rabah Gabis est revenu sur le conflit qui les oppose à la direction, dénonçant les pressions dont ils font l’objet et a fait observer que «les portes du dialogue sont fermées par leur administration qui ne veut pas reconnaître le partenaire social». Pour lui, «l’un des fleurons économiques de la wilaya qui est le port de Béjaïa se trouve en danger à cause de la position unilatérale de ses responsables et surtout en raison du non-respect des lois du pays». Il dira : «Nous sommes des nationalistes et nous ne voulons que le bien pour notre économie et notre wilaya». Il a appelé le groupe Serport «à ouvrir un dialogue sérieux et cesser la fuite en avant», dénonçant «les pressions» auxquelles ils sont confrontés pour «avoir pris le parti des travailleurs». La procession de l’Union de wilaya a marqué une halte devant le Complexe industriel Cevital, en signe de soutien des nombreux travailleurs de Numilog licenciés, et exigé leur réintégration et surtout «l’application des décisions de justice rendues en leur faveur». Pour leur part, les travailleurs du secteur des Travaux publics ont observé également, sous la houlette du Syndicat national autonome de l’administration publique Snapap/ Cgata, un débrayage, suivi d’un sit-in devant la maison de la culture, lieu de départ de la procession vers le siège de la wilaya. Les travailleurs affiliés au Snapap ont, une nouvelle fois, exigé «la satisfaction des revendications des travailleurs conformément aux engagements pris lors de leur réunion avec les responsables du secteur le mois de mars dernier et la fin des pressions exercées sur des travailleurs et syndicalistes».  Les contestataires réclament «la révision à la hausse des salaires et l’amélioration du pouvoir d’achat, l’attribution des primes, la régularisation des contractuels, le respect de la dignité des travailleurs et bien d’autres revendications». La marche de la Fédération des travaux publics, appuyée par le Satef, s’est terminée par un rassemblement devant le siège de la wilaya où les animateurs de cette action sont revenus dans le détail sur plusieurs points.
Hocine Cherfa

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