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jeudi 25 avril 2024

Conséquences

Si Emmanuel Macron suscite parfois la polémique par des déclarations plus ou moins inspirées, l’indignation de l’opposition est souvent surjouée, motivée par le besoin constant de devoir réagir à l’actualité. Toutefois, cette fois-ci, la déclaration du chef de l’État concernant la guerre en Ukraine a de quoi choquer la classe politique et l’opinion publique. Entouré de 21 chefs d’État, réunis au palais de l’Élysée à l’occasion d’une conférence internationale de soutien à l’Ukraine, Emmanuel Macron a fait savoir que le déploiement de troupes occidentales ne doit pas «être exclu». Tout en précisant qu’il n’y avait, pour l’heure, «pas de consensus». Une déclaration qui, bien qu’hypothétique, fait déjà craindre le pire. À droite, l’envoi potentiel de troupes françaises en Ukraine fait redouter à Éric Ciotti une «déclaration lourde de terribles conséquences», énoncée «sans le moindre débat parlementaire». «Cette position est-elle vraiment réfléchie ?», s’interroge le président des Républicains (LR). «Emmanuel Macron joue au chef de guerre mais c’est la vie de nos enfants dont il parle avec autant d’insouciance», s’est quant à elle émue Marine Le Pen sur X. La cheffe de file des députés du Rassemblement national (RN) a pointé «la gravité d’une telle déclaration». À gauche aussi, la déclaration présidentielle a provoqué une pluie de réactions. À minuit, dans la foulée de la prise de parole du chef de l’État, Jean-Luc Mélenchon s’est empressé de dénoncer une «folie» sur le réseau social X. «L’envoi de troupes en Ukraine ferait de nous des belligérants. La guerre contre la Russie serait une folie», a-t-il écrit avant d’en appeler au vote des parlementaires : «Le Parlement doit être saisi et dire non. Pas de guerre !» Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, lui a rapidement emboîté le pas, s’inquiétant d’une «légèreté présidentielle». «Soutenir la résistance ukrainienne oui. Entrer en guerre avec la Russie et entraîner le continent. Folie», a réagi le socialiste. De son côté, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a accusé Emmanuel Macron d’entraîner «la France et l’Europe dans une escalade guerrière terriblement dangereuse !» Toutefois, à gauche contrairement à la droite, les choses ne sont pas aussi claires avec de profondes divergences divisant la Nupes sur la question de l’Ukraine. Raphaël Glucksmann, tête de liste socialiste aux prochaines élections européenne, est depuis un moment déjà favorable à une implication de la France dans le conflit. L’alignement de la direction du PS avec la position de LFI a d’ailleurs suscité les railleries du député LFI du Val-d’Oise, Paul Vannier : «Je salue le courage d’Olivier Faure qui désavoue clairement sa tête de liste aux européennes pour défendre la paix». Une semaine plus tôt, Raphaël Glucksmann appelait la France «à passer en mode économie de guerre». Une déclaration qui lui avait déjà valu un procès en «bellicisme» de la part des Insoumis. Tête d’affiche du Parti communiste française (PCF), Léon Deffontaines a remis une pièce dans la machine hier, en ciblant l’eurodéputé social-démocrate : «Cher Raphaël, pourquoi ne vas-tu pas toi-même engager ta vie sur le front ukrainien ? Pour les va-t-en-guerre, prendre les armes, c’est toujours pour les autres : le fils de l’agriculteur, de l’ouvrier et de l’aide soignante. Rarement pour les enfants de bourgeois». Quant à Emmanuel Macron, il a été rapidement désavoué par son plus proche allié, le chancelier allemand Olaf Scholz qui a affirmé qu’«aucun soldat» européen ne sera envoyé en Ukraine. Reste à voir quelle sera surtout la réaction du Kremlin, les réactions de Vladimir Poutine étant imprévisibles.

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