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mardi 21 mai 2024

Conflits

Respecté jadis par ses pairs pour sa culture, son talent oratoire et son intégrité, Jean-Luc Mélenchon est aujourd’hui critiqué par la quasi-totalité de la classe politique française qui s’insurge contre ses propos, pour le moins complotistes, tenus lors d’une interview. Le candidat à la présidentielle a ainsi prédit la survenue d’un «grave incident ou meurtre» dans la dernière semaine de la campagne présidentielle. Du gouvernement à l’opposition en passant par la mère d’une victime, les critiques fusent depuis les propos polémiques tenus dimanche par Jean-Luc Mélenchon. Invité de l’émission Questions Politiques de France Inter, le chef de file des Insoumis a en effet laissé entendre qu’un «grave incident ou un meurtre» pourrait survenir au cours de la dernière semaine de campagne de la présidentielle à laquelle il est candidat. «Tout ça c’est écrit d’avance», a lancé le député insoumis. Une déclaration vivement décriée et dénoncée par plusieurs membres de l’exécutif. «Les masques tombent une fois de plus», écrit ainsi sur Twitter la secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et de l’Engagement, Sarah El Haïry, qualifiant Jean-Luc Mélenchon d’«irresponsable politique qui salit ceux qui sont tombés face aux terroristes». Le secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, Clément Beaune, déplore quant à lui le «triste effondrement moral» du député français : «L’insinuation c’est la négation de la démocratie». Jean-Luc Mélenchon avait notamment appuyé ses propos controversés en évoquant l’agression d’un retraité, «Papy Voise», en 2002, les tueries de Mohammed Merah survenues en mars 2012 à quelques semaines de la présidentielle ainsi que la mort de Xavier Jugelé, un policer assassiné sur les Champs-Élysées à trois jour du premier tour de 2017. Des références qui ont fortement déplu à Albert Chennouf-Meyer, père du caporal Abel Chennouf, et à Latifa Ibn Ziaten, mère du parachutiste Imad Ibn Ziaten. Deux militaires assassinés en 2012 à Toulouse par Mohammed Merah. Même son de cloche du côté du Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, qui a exprimé son incomphéension. Même indignation de l’autre côté de l’échiquier politique. Le maire de Nice, Christian Estrosi, se désole de voir que Jean-Luc Mélenchon «dérive vers les pires théories complotistes». Enfin, le maire de Béziers, Robert Ménard, proche du Rassemblement National, s’interroge sur la pensée politique du leader des Insoumis, présenté comme un «islamogauchiste» et un «complotiste». Face à la polémique grandissante, Jean-Luc Mélenchon a répondu aux critiques dans un communiqué publié dimanche soir sur son compte Facebook, se disant victime des «complotistes anticomplotistes» et dénonçant un «coup monté à partir d’une phrase». Reste que cette énième polémique ne va pas arranger l’image du candidat à la présidentielle qui ne cesse de voir ses partisans le déserter, décontenancés par le tournant indigéniste et racialiste qu’a pris La France Insoumise ces dernières années. Surtout, les polémiques incessantes que crée Mélenchon autour de sa personne ne sont pas faites pour rassurer les électeurs qui doivent en 2022 voter pour un candidat capable de diriger la France et non pas pour un agitateur en quête permanente de conflits.

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