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dimanche 2 octobre 2022

Conflits possiblement sans fin

Une décennie plus tard, les trois conflits armés provoqués par le calamiteux Printemps arabe, à savoir en Syrie, en Libye et au Yémen (où toutefois le conflit n’est pas aussi vieux), non seulement ne sont pas terminés mais ne semblent même pas devoir prendre fin dans un avenir prévisible. Dans deux d’entre eux, cependant, les combats sont à l’arrêt depuis quelque temps déjà, mais le risque qu’ils y reprennent à l’avenir n’est pas négligeable, bien au contraire. S’agissant du troisième, celui du Yémen, la guerre y a repris dernièrement tous ses droits après avoir marqué le pas précédemment. Elle se concentre maintenant sur Ma’rib, sur l’initiative des Houthis qui veulent à tout prix la prendre, mais où ils butent sur une résistance insoupçonnée de la part des forces gouvernementales qui la défendent. Si l’expression «conflits armés» a été préférée ici à celle de «guerre civile», de prime abord plus indiquée, c’est parce que ces guerres se sont dès le départ régionalisées, et même mondialisée pour l’une d’elles, la syrienne, à laquelle pour l’heure le monde ne semble plus guère s’intéresser. Des trois, c’est celle qui pour ainsi dire est la plus qualifiée pour durer, peut-être des années encore, ou même une deuxième décennie. C’est là que les deux superpuissances se font en effet directement face, bien que dans une asymétrie en apparence marquée en faveur de la Russie.

Le conflit s’est gelé quand il ne restait plus à Damas que le tiers du pays à reconquérir : l’est de l’Euphrate, et à l’ouest, Idleb, où les groupes rebelles s’étaient repliés après avoir perdu une à une les villes qu’ils contrôlaient auparavant. Si les affrontements devaient reprendre, ce serait probablement à l’avantage de Damas, qui d’ailleurs ne demanderait qu’à se remettre à la tâche. En Libye, la situation est tout autre, mais le résultat n’est jusqu’à présent pas si différent, même s’il semble qu’une solution politique soit cette fois-ci à portée de la main. Hier s’est ouverte à Syrte la session du Parlement convoquée pour accorder la confiance au gouvernement de transition de Abdelhamid de Dbeibah, issu du Forum du dialogue politique libyen qui s’était tenu le mois dernier sous l’égide des Nations unies. Ce qu’on pouvait craindre, à savoir l’absence d’une partie des députés, qui en effet ne sont pas tous installés à Tobrouk, ce qui le cas échéant est de nature à faire capoter toute l’opération, c’est cela même qui semble s’être produit hier, ou en voie de se produire. On ne saurait surestimer l’importance de cette réunion pour la suite des événements en Libye. D’elle dépend en effet que ce pays voisin commence à surmonter sa division, ou bien s’y enfonce à nouveau si elle vient à tourner court. La solution, ou la chance, est là qui ne demande qu’à être saisie. Mais le sera-t-elle ? Telle est la question. La présence de tous les députés, ou du moins en nombre suffisant pour que le vote soit validé, est plus que nécessaire, elle est vitale. A la limite, quel que soit le vote final, que la confiance soit accordée ou refusée. Dans le cas d’un refus, en effet, Dbeibah peut toujours revoir la composition de son équipe, qu’il s’est d’ailleurs gardé de rendre publique. Au Yémen, enfin, si la guerre a repris de plus belle, il n’est pas dit que ce soit pour durer longtemps. Les Houthis cherchent d’autant plus à s’emparer de Ma’rib qu’elle recèle les ressources de pétrole et de gaz dont ils ont besoin pour rendre viable l’ensemble des territoires déjà conquis par eux. Ils seraient probablement disposés à faire la paix si on la leur laissait.

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