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mercredi 22 mai 2024

Conférence internationale des journalistes sur la question du Sahara occidental : Adoption de la Déclaration de Bir Lahlou pour une action médiatique équilibrée

Des journalistes des cinq continents se sont réunis dans le camp de réfugiés sahraouis de Boujdour, à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, afin de prendre part à la première Conférence internationale des médias sur la question du Sahara occidental et ses développements.

De notre envoyé spécial dans le camp de réfugiés de Boujdour : Hakim Ketra
Organisée par l’Union des journalistes et des écrivains sahraouis (UPES), cette conférence a abordé une série de thématiques lors de neuf tables rondes. Prenant la parole lors de cérémonie d’ouverture, Nafaï Ahmed Mohamed, secrétaire général de l’UPES, a tenu à remercier les participants pour leur engagement envers une cause juste. «Vous êtes venus de Tunisie, de France, de Russie, du Liban, de Syrie, de Jordanie, du Sénégal, d’Espagne, d’Algérie et de nombreux autres pays pour dire qu’il est aujourd’hui temps de mettre un terme à l’embargo médiatique imposé à la question du peuple sahraoui. Notre rôle aujourd’hui est de lutter contre cet embargo qui empêche l’opinion publique internationale de prendre connaissance des crimes commis par le Maroc». La question de la médiatisation de la guerre de libération, qui a repris le 13 novembre 2020 suite à la violation par le Maroc du cessez-le-feu, a été abordée par un représentant de l’Armée populaire sahraouie de libération (APSL). Mbarek Sid Ahmed Lamine, officier du Commissariat politique, a passé en revue les opérations militaires menées contre l’armée coloniale marocaine. «Nos troupes ont ciblé l’ensemble des positions des forces armées ennemies situées le long du mur de la honte (ouvrage militaire de séparation qui s’étend sur 2 700 km). Les attaques ont touché les cantonnements, les postes de commandements, les infrastructures logistiques, les aéroports ainsi que les sites sensibles. Ces sites sont situés sur le mur et en profondeur. Depuis la première opération à aujourd’hui (jeudi 2 mai), nous avons mené un total de
1 538 opérations contre les secteurs militaires de l’armée marocaines», a-t-il indiqué. L’officier a précisé que ces frappes contre les positions marocaines ont fait «des dizaines de morts» parmi les soldats de l’armée du Makhzen. Pour sa part la journaliste DJihane Laouti, du Syndicat national des journalistes tunisiens, a expliqué que sa présence dans les camps sahraouis est «totalement justifiée».

«Contexte international propice»
Le volet géopolitique du dossier du Sahara occidental a été abordé par des personnalités de renom. A commencer par Mohamed Sidati, ministre des Affaires étrangères de la République arabe sahraouie démocratique, qui a estimé que la guerre contre le colonialisme marocain est «plus que jamais d’ordre médiatique». «Il est vrai que c’est une question de décolonisation, mais ce que fait le Maroc depuis quelques années, c’est de masquer toutes les preuves, les documents et les résolutions en faveur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Il tente d’en faire de même avec le statut de notre Etat qui est membre fondateur et membre à part entière de l’Union africaine. Pour cela, il n’hésite pas à user de mensonges, de propagande et d’intox afin de dissimuler la vérité. Son objectif étant de justifier la colonisation de la terre du Sahara occidental», a-t-il dit. De son côté, le politologue Zoheir Bouamama a expliqué le contexte international actuel est propice à l’émergence d’une «nouvelle vague de décolonisation» qui devrait profiter au Sahara occidental et à la Palestine. «Il y a une reconfiguration du monde qui est semblable à ce qui s’est produit durant les années 50 et 60 du siècle dernier, lorsque des dizaines de pays ont pu obtenir leur indépendance. Cette reconfiguration est une opportunité pour les Sahraouis car les Etats qui soutiennent leur cause sont dans une position qui s’est nettement améliorée». Au terme de cette conférence, les participants ont adopté à l’unanimité deux initiatives importantes. La première concerne la «Déclaration de Bir Lahlou pour une action médiatique équilibrée», un texte qui encourage les journalistes et les médias à travers le monde à en finir avec le phénomène du «double standard». La déclaration appelle les professionnels des médias à «protéger les droits fondamentaux et les principes des causes justes, qui sont devenus les victimes de calculs internationaux dans lesquels les priorités sont différenciées et interagissent dans la logique du profit et de la perte». La seconde initiative, tout aussi importante, porte la création de la Ligue des journalistes et professionnels des médias solidaires avec le peuple sahraoui. Ce réseau international aura notamment pour mission d’«unifier les efforts médiatiques pour éclairer l’opinion publique internationale sur les réalités et les développements de la question sahraouie et contribuer à briser le black-out imposé à la question du Sahara occidental». Le bureau de cette Ligue est présidé par le journaliste colombien Nestor Rosario et son secrétaire général est Hamid Messamri, journaliste de la Radio algérienne. Notons, enfin, que l’UPES a rendu hommage à de nombreux journalistes, écrivains et personnalités politiques décédées qui étaient engagées en faveur du peuple sahraoui. C’est notamment le cas de nos collègues journalistes Ali Younsi, Toufik Maouchi, Riad Boukhedcha ainsi que le photographe de presse Lamine Chikhi, décédé récemment.

H. K.

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