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mercredi 30 novembre 2022

Concert de chants soufis: «Rawdhat El Ochaq» présenté par Lila Borsali en ligne

Un grand nombre de vues et de messages d’encouragement ont été enregistré samedi soir sur les réseaux sociaux, après la diffusion d’un concert de chants mystiques andalous intitulé «Rawdhat El Ochaq». Cette prestation qui s’inscrit dans le registre du «Madih Dini», a été présentée en virtuel pour cause de prévention contre la propagation de la pandémie Covid-19.

Par Abla Selles

Produit en collaboration avec le Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi (TNA), le concert de chants soufis a été diffusé, près de 70 mn durant, sur la chaîne YouTube et la page Facebook de la cantatrice, visant à permettre aux internautes de prendre part à une belle randonnée spirituelle et raviver l’attachement à la tradition socioculturelle durant le mois sacré du ramadhan notamment.
Deuxième expérience du genre après «Rentrée en nouba», concert virtuel animé par Lila Borsali en septembre 2020, «Rawdhat El Ochaq», récital mêlant la musique andalouse au conte, a été décliné en quatre thématiques savamment préparées dans le genre ghernati, dédiées à l’amour et la «place centrale qu’il occupe dans les enseignements de l’Islam» et introduites, chacune, par un istikhbar et la narration d’une courte histoire de portée spirituelle et philosophique, riche en enseignements.
Dirigé d’une main de maître par la violoniste Leila El Kébir, l’orchestre composé de Ghouti Hadjila (derbouka), Karam Ghomari (tar), Merouane Mekki (contre-basse), Djihed Labri (qanun), Farid Mokaddem (ney), Fethi Benabdessadok (luth) et Rafiq Benhamed (violon), a brillamment soutenu la cantatrice qui a rendu, avec une voix présente et étoffée, une vingtaine de madihs, empreints de la richesse de la musique andalouse.
D’abord «La fraternité», expliquée sur un prélude au qanun dans le mode Raml El Maya, par la métaphore du sitar aux sons célestes, qui définit la notion du bonheur comme la «synthèse de tout ce qui est déjà donné par le divin», a été rendue par la cantatrice avec une voix suave, à travers les pièces «Fa qad zalet el houdjoub», «Safat ennadhra», «Lamma bada minka el qaboul», «Elotfia» et «Atani Zamani», déclinées dans des mouvements irréguliers et ascendants.
«L’humilité», deuxième thématique du récital de Lila Borsali, a été introduite par les sonorités mélancoliques du violon et l’histoire de Djaïda, une jeune femme modèle de bonté et de piété, bien récompensée par le ciel.
Sur des cadences cédant progressivement au relâchement, la cantatrice a ensuite donné à l’humilité une forme plus esthétique, rendant dans le mode Sika les madihs «El hamdou li Allah kheirou el kalam», «Ana houwa el abd edhaïf», «Ya Rabbi ya âadim el djah» et «Idha dhaqa sadri», dont les refrains étaient repris en chœur par l’ensemble des instrumentistes.
Lila Borsali met ensuite en valeur, dans un ton pédagogique apaisé, les vertus de la sincérité, à travers l’histoire d’un roi aimé de tous pour sa sincérité dans ses rapports à son serviteur et à son peuple.
Faisant monter en crescendo le ton et les cadences des pièces, adressant des louanges à Dieu et à son Prophète Mohamed, «Ma lana mawla siwa Allah», «Qoul lil’Allahi lamani» et «Qoumou qoumou», la cantatrice a parfaitement illustré son conte, déployant son savoir-faire avec une voix cristalline, à la tessiture large.

A. S.

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