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lundi 20 mai 2024

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Le camp démocrate aux États-Unis est particulièrement nerveux et susceptible concernant l’état de santé de son candidat Joe Biden. Ce dernier, président du pays depuis trois ans, a accumulé les maladresses, convaincant une partie de la population américaine que son dirigeant n’est décidément plus apte à demeurer à la Maison-Blanche. Conscientes de cette situation, les équipes de Biden ne laissent rien passer et ont très peu goûter les remarques d’un procureur il y a quelques semaines, qui faisait état de la mauvaise mémoire du président américain. Attaqué et accusé de faire le jeu de l’opposition, le procureur spécial chargé d’enquêter sur la rétention de documents confidentiels par Joe Biden a défendu mardi, devant la Chambre des représentants, ses commentaires controversés sur la mémoire parfois défaillante du président pour justifier sa décision de renoncer à le poursuivre. Les auditions devant deux commissions de la Chambre des représentants, dominée par les républicains, ont essentiellement porté sur la comparaison entre le cas du président démocrate et celui de son prédécesseur républicain Donald Trump, qui doit lui être jugé dans une autre affaire de gestion présumée désinvolte de documents confidentiels. Dans son rapport publié en février, le procureur spécial Robert Hur avait recommandé un non-lieu pour Joe Biden, faisant notamment valoir qu’un jury répugnerait à condamner un «homme âgé à la mauvaise mémoire». Le camp du président de 81 ans avait alors dénoncé des commentaires «gratuits» et «déplacés». «Nous avons recueilli des preuves que le président avait sciemment gardé des documents classifiés après la fin de sa vice-présidence, alors qu’il était un simple citoyen», a résumé mardi Robert Hur au début de son audition qui a duré plusieurs heures. «Nous n’avons néanmoins pas recueilli de preuves allant au-delà du doute raisonnable», a-t-il ajouté. «Ma mission était
d’établir si le président avait conservé ou divulgué des informations confidentielles ‘’sciemment’’», a rappelé le procureur spécial. «Je ne pouvais pas conclure sur ce point sans examiner l’état d’esprit du président. Pour cette raison, je devais tenir compte de la mémoire du président et de son état mental général, et de la manière dont le jury d’un tribunal pénal les percevrait», a-t-il expliqué. «Mon estimation dans le rapport au sujet de la pertinence de la mémoire était nécessaire, exacte et juste», a-t-il assuré. «Je n’ai pas aseptisé mon explication, ni dénigré injustement le président», a insisté Robert Hur. «Bien sûr que vous avez dénigré le président», lui a lancé un élu démocrate de Californie (ouest), Adam Schiff, l’accusant d’avoir provoqué un «incendie politique» en se prononçant dans son rapport sur l’état général de la mémoire de Joe Biden, au lieu de se cantonner à des faits et dates précis. «Les considérations politiques n’ont joué aucun rôle dans mon enquête, dans ma décision ou dans les mots que j’ai utilisés», a assuré Robert Hur. Mais les démocrates ne supportent plus aucune allusion à la détérioration mentale de Joe Biden qui se produit sous les yeux du public depuis de nombreuses années déjà, mais qui s’est accélérée depuis le début de sa présidence. Car les progressistes savent parfaitement que l’ex-vice-président de Barack Obama est le seul candidat démocrate à être capable de l’emporter face à Donald Trump, qui est donné gagnant dans tous les sondages publiés depuis de nombreux mois. Or, si le sujet de ses défaillances cognitives était simplement balayé par ses partisans durant la campagne présidentielle de 2020, aujourd’hui, après des dizaines de maladresses documentées, les dénégations sont plus difficiles à assener. Le comportement public de Biden ces prochains mois sera donc fondamental, car s’il venait à multiplier les impairs cela jouera indubitablement en faveur de son adversaire républicain à l’élection présidentielle et pourrait lui coûter, et à son parti, la victoire.

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