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vendredi 12 août 2022

Comédie musicale «Si Muhend U M’hend»: L’œuvre du poète continue de résonner

La comédie musicale «Si Muhend U M’hend» a été présentée vendredi à l’Opéra d’Alger
Boualem-Bessaih, devant un public relativement nombreux. Cette œuvre, qui a mis la lumière sur le parcours atypique de ce poète d’expression kabyle, a prouvé que plus d’un siècle après sa mort, les textes de Si Muhend U M’hend continuent de résonner.

Par Abla Selles

Le spectacle, écrit et mis en scène par Lyès Mokrab, a invité le public à revisiter la vie tumultueuse de Si Muhend U M’hend, à travers une fusion artistique des plus concluantes qui a mêlé la parole et le verbe ciselés déclamés en tamazight, aux airs mélodieux de Djamel Kaloun, célébrés par de belles chorégraphies signées Sara Bouzar.
Durant près de deux heures, l’assistance a pris part à un voyage onirique, à travers l’œuvre prolifique de Si Muhend U M’hend, «épicurien notoire», né vers 1850, et qui, bien que lettré, refusait de transcrire, voire répéter, ses poèmes après les avoir déclamés.
La conquête française de 1857 en Kabylie, l’assassinat de son père et de Yamina sa bien-aimée, la dispersion de la famille, passant par la destruction de son village natal et de l’école où il étudiait, sont autant de bouleversements et de malheurs, restitués par l’auteur et metteur en scène, qui ont secoué l’enfance de l’aède durant la deuxième moitié du XIXe siècle, le poussant résolument à l’isolement et à l’errance. Ces drames accumulés détermineront sa personnalité d’iconoclaste et de rebelle, réfractaire à l’ordre établi.
Longtemps applaudis par l’assistance, les comédiens, Bilal Mohri et Rezki Ouali (Si Muhend U Mhend /jeune et adulte), Malik Fellag, Hocine Ait Guenissaid, Massinissa Kaci, Melissa Sekhi (Yamina), Ania Iddir, Mounir Didani, Mohamed Lachemot, Yamina Abouahi, Dihia Smail et Rachel Ikheddachene, ont su porter la densité du texte, occupant tous les espaces de la scène.
De même pour les danseurs et les ballerines Maya Bachi, Melissa Benabdelaziz, Lamia Amrani, Nassim Merkal, Riad Hamdad et Meziane Tireche, qui ont brillé par la grâce du mouvement et la beauté du geste, dans des tableaux hautement esthétiques, servis par une quinzaine de compositions musicales aux tons narratif, événementiel, nostalgique, traditionnel, ou encore festif.
Œuvres de Abdellah Kabiri et Ferhat Messaoui, la scénographie et le décor judicieusement minimalistes ont permis l’émergence du texte, dans un spectacle qui a restitué par
l’anecdote et des faits marquants les liens intimes entre le poète et son peuple, qui firent de l’un le témoin des malheurs, de l’autre le pourfendeur de ses travers, tout autant que le héraut de ses espérances.
Savourant tous les moments du spectacle musical dans la délectation, le public a interagi avec les comédiens et les danseurs par des salves d’applaudissements et des youyous nourris.
A. S.

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