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samedi 10 décembre 2022

Combat

Même les adversaires les plus polarisés du Rassemblement National dans le camp présidentiel ont baissé le ton au soir des élections législatives et laissé entendre que l’on pouvait s’«entendre» sur des thématiques telles que la sécurité ou encore le séparatisme. En effet, après avoir failli à obtenir la majorité absolue au Parlement, condition sine qua non pour une bonne gouvernance, chez Renaissance (anciennement La République En Marche) l’on tente de sauver les meubles en ratissant aussi large que possible. Et après avoir fait les yeux doux à la droite, c’est aujourd’hui au Rassemblement National que l’on veut tendre la main, alors que se profile la très rude bataille de la réforme des retraites. Michel Lauzzana, élu Renaissance du Lot-et-Garonne, dit ainsi vouloir combattre les députés LFI de son département qui «proposent une opposition systématique» et, pour ce faire, il serait prêt à le faire en commun avec le RN. Une prise de position trop directe qui visiblement ne passe pas. La déclaration du député Renaissance a immédiatement suscité la colère de certains députés Insoumis comme Alexis Corbière dimanche sur Twitter. «Au moins, c’est clair. Mais, jusqu’où iront-ils dans cette alliance pour faire barrage à nos propositions ?», a-t-il déploré. «Combo succulent», a ironiquement tweeté Nadège Abomangoli, élue Insoumise de la 10e circonscription de Seine-Saint-Denis. Dans le journal local, le député Renaissance du Lot-et-Garonne déclare vouloir «se battre pied à pied face aux élus de LFI qui proposent une opposition systématique juste par posture». L’ancien socialiste tance au passage la position du Premier secrétaire du parti, Olivier Faure, qui a farouchement soutenu l’accord entre le PS et LFI, évoquant un choix qui «conduit à la castastrophe». «Il ne faut pas faire de l’idéologie pour faire de l’idéologie», estime-t-il. À l’inverse, le député se dit «prêt à travailler main dans la main avec les députés RN de sa région». Son ambition ? «Faire avancer le territoire», explique-t-il. Il assure, cependant, être inquiet de la montée de l’extrême-droite et des populismes en Europe. Emmanuel Macron, tranchant avec les déclarations de certains de ses ministres les plus importants, avait déclaré en juin dernier, peu après les résultats des législatives, que le RN et LFI «ne s’inscriv(aient) pas comme des partis de gouvernement». Il a récemment brandi la menace d’une dissolution de l’Assemblée Nationale si les oppositions votaient une motion de censure sur la réforme des retraites. La sortie de Michel Lauzzana est ainsi peut-être le «dérapage» d’un élu qui n’engage que lui ou bien un ballon d’essai pour observer la réaction des sympathisants centristes face à une possible alliance stratégique avec le RN. Car à l’Élysée l’on sait parfaitement que se lancer dans une nouvelle réforme des retraites tout en ayant une Assemblée hostile sera des plus difficiles que la faire passer en force ne rendra les Français que plus méfiants envers le président et le gouvernement. Mais les électeurs du RN sont eux très ouvertement anti-Macron et voir leur parti se liguer avec le président qu’ils ont tenté de chasser de l’Élysée il y a six mois est peu probable. Les députés RN ne prendraient ainsi pas le risque de perdre leurs électeurs pour une alliance contre-nature.

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