23.9 C
Alger
samedi 25 mai 2024

Combat

Si lorsque l’on évoque l’Afghanistan l’on y associe immédiatement les talibans, le pays n’a toutefois pas toujours été synonyme de fondamentalisme musulman. En effet, les Afghans ont vécu des décennies sous le régime soviétique de Moscou, ne recouvrant l’indépendance qu’en 1987. Toutefois, les intégristes prendront rapidement le pouvoir, soumettant le pays et le peuple à un régime tyrannique qui ne prendra fin qu’avec le début de l’invasion américaine en 2001. Mais en 2021, les Américains abandonnent le pays une fois encore aux mains des talibans. Ahmad Massoud, leader du Front national de résistance afghane, publie cette semaine un ouvrage, «Notre Liberté», qui témoigne de son combat et de celui de son père, sa vision pour son pays, ses batailles pour le respect des droits humains et son plaidoyer pour un islam de tolérance, loin des idéologies sectaires. Né en 1989 dans le Panchir, il est le seul fils du commandant Massoud. Son père est assassiné par des agents d’Al-Qaïda le 9 septembre 2001, deux jours avant les attentats de World Trade Center. Quelques mois plus tôt, il avait déclaré lors d’une conférence de presse à Paris : «Mon message au président Bush est le suivant : les problèmes auxquels nous faisons face seront bientôt ceux des Américains et du reste du monde». Ahmad Massoud annonce alors reprendre le combat et suit une préparation militaire, de même que des études en relations internationales au Royaume-Uni. Il retourne en Afghanistan en 2016 pour lutter contre les extrémismes, mais les talibans reprennent Kaboul en août 2021. Il est alors contraint de vivre dans la clandestinité, changeant sans cesse d’habitation. Sur le plateau des «Visiteurs du Soir» sur LN24 en Belgique, Ahmad Massoud s’est exprimé sur le futur de son pays. Lorsqu’on lui demande s’il pense vivre un jour dans un Afghanistan libre et en paix, Ahmad Massoud répond immédiatement «absolument». «N’oublions pas que l’Afghanistan n’avait pas de guerre avant la guerre froide», rappelle-t-il. «Ces extrémistes et ces fanatiques ont existé tout au long de l’histoire de l’Islam. Cependant, nous (les musulmans modérés) avons toujours réussi à les contenir, à les détruire et à ne pas les laisser s’étendre». Selon lui, les talibans grandissent maintenant car ils sont utilisés comme «un bon outil pour des jeux géopolitiques où tout le monde les utilise comme des pions contre un autre pays». Ahmad Massoud revient également sur l’intervention américaine et européenne en 2001, qualifiant le résultat «d’une bonne politique et d’une vraie stratégie», menant à une élection présidentielle en 2004. «Malheureusement, tout cela a changé quand les Américains ont décidé d’amener des soldats en Afghanistan. C’était une terrible erreur». Mais l’on imagine mal aujourd’hui comment Massaoud et ses partisans réussiront à inverser la vapeur dans leur pays, surtout qu’il est certain désormais que les Américains ne s’impliqueront pas. Seul un sursaut de la population pourra changer la donne en Afghanistan, mais aujourd’hui comme en 1996, lors de la première prise de pouvoir des talibans, les Afghans font majoritairement preuve d’une grande docilité vis-à-vis des fondamentalistes qui les gouvernent, rendant un nouveau changement de régime assez improbable.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img