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vendredi 4 décembre 2020

Colombie: Des milliers d’indigènes manifestent contre la violence

Plusieurs milliers d’indigènes ont manifesté lundi contre la violence dont ils sont victimes sur leurs terres, en organisant un procès symbolique du chef de l’État Ivan Duque à proximité du palais présidentiel, dans le centre de Bogota.
Ces Amérindiens, issus de diverses ethnies du Cauca (sud-ouest), l’une des régions les plus affectées par les groupes armés impliqués dans le trafic de drogue, se sont pacifiquement rassemblés sur la place Bolivar, au cœur de la capitale, à l’issue de neuf jours de voyage à pied et en «chivas» (autocars colorés typiques).
Au son de tambours et de flûtes, les quelque 7 000 manifestants, masqués contre le virus, avaient auparavant traversé une partie de la ville sans contretemps ni affrontement avec les forces de l’ordre, sous la protection de la Garde indigène traditionnelle, munie de cannes ornées de rubans.
Ivan Duque n’est toutefois pas sorti les rencontrer, dénonçant le danger de telles «agglomérations» de gens en pleine pandémie de Covid-19.
«Le Président ne s’est pas présenté et nous lui disons qu’il s’est lâchement retranché», a déclaré à l’AFP Hermes Pete, du Conseil régional indigène du Cauca (Cric).
Face à la rebuffade, les indigènes ont organisé un procès symbolique pour dénoncer la responsabilité, selon eux, du gouvernement dans l’atteinte à leurs droits fondamentaux.
Entre diverses revendications, ils entendent dénoncer la vague de violence dont ils sont victimes et qui a fait, selon leurs dirigeants, 313 morts parmi eux en à peine plus de deux ans, depuis l’arrivée au pouvoir d’Ivan Duque.
Ils ont rejoint Bogota dimanche, peu avant une journée de mobilisation sociale et de «grève nationale» prévue aujourd’hui à l’appel des syndicats et des étudiants contre la politique du gouvernement, cible fin 2019 de manifestations d’une ampleur inédite en Colombie.
«La peur a été vaincue», a déclaré à l’AFP Ferley Quintero, membre du Conseil régional indigène du Cauca (CRIC).
Il a précisé que les peuples autochtones, qui représentent 4,4 % des 50 millions d’habitants de Colombie, veulent «faire entendre leur voix» contre la politique gouvernementale et être entendus par le président de droite, qui avait auparavant refusé d’aller les rencontrer à Cali, ville proche du Cauca, à environ 460 km de Bogota.
Les participants à la «minga» (nom d’une action collective en langue quechua) avaient passé la nuit de dimanche à lundi dans un grand complexe sportif, organisé pour les recevoir sur ordre de la maire de centre-gauche Claudia Lopez, opposante au gouvernement.
«Nous voulons la paix, l’égalité, le respect et que l’on cesse de nous assassiner !», a déclaré Carmen Pito, 53 ans, sur la place Bolivar.

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