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jeudi 6 octobre 2022

Collaboration

En 2015, au plus fort de la guerre de Syrie, des centaines de milliers de migrants avaient traversé les frontières, rejoints par des migrants venant du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, pour atterrir sur les rives des pays européens. L’Allemagne, touchée par le sort de ces réfugiés, avait alors unilatéralement décidé d’en accueillir un million, forçant implicitement ses voisins à accueillir également leur lot de migrants. Mais aujourd’hui, suite aux multiples problèmes que ces vagues d’immigrations, à 90 % masculines, ont causés dans les pays d’accueil, la fermeté est aujourd’hui de mise et les mesures pour lutter contre les sans-papiers se multiplient, au grand dam parfois des pays d’origine de ces derniers. L’Afghanistan a ainsi appelé les pays européens à cesser, durant les trois prochains mois, d’expulser des migrants afghans. En Afghanistan, les milices s’organisent pour contrer l’avancée des talibans. Le gouvernement a aussi indiqué avoir décidé de ne plus accepter les «retours forcés» de migrants de tous les pays avec lesquels Kaboul a conclu des accords de coopération en matière de migration. «L’escalade de la violence de la part du groupe terroriste taliban dans le pays et la propagation de la troisième vague de coronavirus ont créé un important désordre économique et social, suscitant inquiétudes et défis pour le peuple afghan», a déclaré le ministère des Réfugiés et du Rapatriement, dans un communiqué publié samedi. En juin, le premier ministre italien, Mario Draghi, avait dit craindre un afflux de migrants afghans après le retrait définitif des forces étrangères d’Afghanistan, censé être terminé d’ici le 31 août, et appelé l’UE «à contenir les flux d’immigration illégale». Mais les talibans ont lancé une offensive tous azimuts qui leur a permis de s’emparer de larges portions de territoire afghan. «Les pays hôtes doivent s’abstenir d’expulser de force les réfugiés afghans à compter du 9 juillet pour les trois prochains mois», a ainsi demandé le gouvernement afghan. Les Afghans constituaient, en 2020, 10,6 % des demandeurs d’asile dans l’UE (un peu plus de 44 000 sur quelque
416 600 demandes), le deuxième contingent derrière les Syriens (15,2 %), selon l’agence statistique de l’UE Eurostat. Reste à voir comment les Européens gèreront le nouveau pic qui s’annonce de la crise migratoire qui bouleverse déjà le vieux continent depuis plus de six ans. Le refus de collaborer des États dont sont issus les migrants rend par ailleurs le travail des autorités européennes quasi impossible, les forçant de fait à garder des centaines de milliers de migrants qu’ils n’arrivent ni à gérer, ni à entretenir correctement.
F. M.

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