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vendredi 14 mai 2021

Climat

Il y a quarante ans, l’économie de la Chine, boostée par les délocalisations du monde entier sur son sol, commençait à florir. Toutefois, personne ne la percevait alors comme une puissance économique capable de dominer le monde. Depuis pourtant les choses ont bien changé et les États-Unis qui ont longtemps vu la Chine comme une terre d’opportunités, voient en Pékin une superpuissance capable non seulement de leur faire de l’ombre mais surtout de les affaiblir. C’est ainsi qu’une guerre sourde a débuté entre Washington et le régime communiste chinois il y a déjà plus d’une dizaine d’années, une guerre qui a pris les devants de la scène avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2017. Le président républicain a décidé, dès sa victoire en 2016, de prévenir Pékin que les USA ne se laisseraient plus marcher sur les pieds et que Washington était prête à livrer bataille pour se prémunir contre l’hégémonie économique chinoise. Aujourd’hui, si Trump à quitter ses fonctions, le nouveau président américain semble décidé à maintenir la pression sur la Chine tout en renouant des relations plus cordiales. La Chine a de son côté déclaré à l’émissaire américain pour le climat, John Kerry, que les États-Unis devaient «assumer leurs responsabilités environnementales», tout en plaidant pour la coopération sino-américaine dans ce domaine, a indiqué, hier, un média d’État. L’ex-secrétaire d’État (2013-2017) de Barack Obama a effectué, de mercredi à hier à Shanghai (est), la première visite en Chine d’un haut responsable de l’administration Biden depuis l’entrée en fonctions du nouveau président américain. Ce voyage de Kerry est destiné à préparer le sommet virtuel sur le climat, organisé la semaine prochaine à l’initiative de Joe Biden. Des discussions qui voient Pékin et Washington mettre provisoirement leurs nombreux différends de côté. «La Chine attache une grande importance au dialogue et à la coopération avec les États-Unis sur le changement climatique», a déclaré, vendredi, le vice-Premier ministre chinois, Han Zheng à l’émissaire américain, selon l’agence de presse Chine nouvelle. «Nous nous félicitons du retour des États-Unis à l’Accord de Paris, attendons qu’ils sauvegardent cet accord, assument leurs responsabilités et apportent les contributions qui s’imposent», a souligné Han depuis Pékin lors d’une visioconférence avec Kerry. Dès son premier jour à la Maison-Blanche, le 20 janvier, Joe Biden avait acté le retour des États-Unis dans l’Accord de Paris sur le climat, que Donald Trump avait quitté près de quatre ans plus tôt. «Ce n’est en aucun cas un retour glorieux. Mais plutôt un mauvais élève qui revient sur les bancs de l’école après avoir séché les cours», avait taclé, jeudi, lors d’un point presse régulier, Zhao Lijian, un porte-parole de la diplomatie chinoise, résumant la position de Pékin. Il a appelé Washington à «expliquer comment il allait combler le vide laissé depuis quatre ans», notamment vis-à-vis du financement du Fonds vert pour le climat, un mécanisme de l’ONU qui vise à transférer des fonds des pays riches vers les nations les plus touchées par le changement climatique. Avant son voyage, John Kerry a déclaré qu’il était essentiel de travailler avec la Chine sur le climat. Le pays asiatique est en valeur absolue le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre (près de 30 % du total). En dépit des tensions sino-américaines, du commerce à Hong Kong en passant par Taïwan et le sort des musulmans ouïghours en Chine, la coopération Pékin-Washington est ainsi cruciale à la réussite des initiatives sur le climat. Reste à voir si ces deux puissances réussiront à coopérer sur ce dossier sans que les autres sujets qui les divisent ne soient un frein à toute avancée.

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