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mardi 16 août 2022

Chlef: «Aarfa», une tradition de solidarité à l’occasion de l’Aïd El Adha

La tradition de «Aarfa», célébrée le jour de l’Aïd El Adha et à laquelle les enfants imprègnent une ambiance festive et d’entraide en dessinant une joyeuse fresque de solidarité, est un héritage culturel et sociétal que les familles chelifiennes tiennent à préserver en la perpétuant dans la région du bassin de Chlef.

Par Faten D.
Basée sur le principe du partage et visant à inculquer des valeurs nobles et les bonnes manières aux jeunes, Aarfa constitue une halte sociale importante d’entraide entre les différentes couches de la société et de pardon, car les gens en profitent pour se réconcilier, mettant un terme aux querelles.
La célébration de cette tradition débute dans la matinée du jour de «Arafat» avec les enfants qui se constituent en groupes pour se rendre dans les foyers en entonnant un chant populaire du patrimoine local. Un poème chanté pour solliciter la générosité des familles en leur demandant de donner ce qui est disponible et de le partager avec les autres. Cette joyeuse procession se termine chez la plus grande famille de la région, laquelle se chargera de préparer un repas et de le distribuer aux nécessiteux et à la population en général.
Les chérubins reviennent à la charge le premier jour de l’Aïd, pour collecter, toujours en chantant la fameuse chanson de Aarfa qui invite les gens à la générosité, des dons au profit des familles nécessiteuses et des orphelins. La manifestation s’achève par l’organisation d’un repas collectif et la distribution de dons aux nécessiteux et aux participants à cette opération de solidarité.
Dans la région de Labiod Medjadja (nord-est de Chlef), Mme Berberi Khaira reçoit chez elle un groupe d’enfants qui célèbrent Aarfa, toute souriante de contribuer à perpétuer cette tradition ancestrale qui sème les valeurs de partage et d’entraide, a-t-elle dit.
Aarfa, qui est célébrée annuellement dans plusieurs régions du bassin de Chlef, cultive non seulement les principes d’entraide et de solidarité au sein de la société, elle crée aussi une opportunité pour renforcer les liens sociétaux et familiaux, a-t-elle poursuivi.
De son côté Ben Ali Cherchar n’a pas hésité à répondre à l’appel de «Aarfa» en remettant des denrées alimentaires aux quêteurs, considérant que cet héritage social reflète les valeurs de bienveillance et de tolérance portées par l’Islam, que les ancêtres partagent à travers cette tradition, entre autres.
Outre la culture de solidarité que cette manifestation vise à ancrer au sein de la société, elle est aussi une occasion pour préserver le patrimoine culturel matériel, puisque les enfants portent, pour la circonstance, des vêtements traditionnels, ce qui crée une atmosphère exceptionnelle qui allie la préservation du patrimoine et entraide. A propos de cette tradition, Miloud Bouazdia, professeur de sociologie et d’anthropologie à l’Université Hassiba-Benbouali, considère que Aarfa, qui est une manifestation à dimensions sociale, religieuse et culturelle, constitue un pont de communication intergénérationnel et une continuité des valeurs et coutumes de la société algérienne.
Ce patrimoine social qui résiste à l’oubli, demeure l’un des aspects les plus marquants des festivités de l’Aïd El-Adha dans la région de Chlef, aux côtés d’autres activités spécifiques à cette fête religieuse dont celle des aiguiseurs de couteaux, de la vente d’outillages nécessaire pour le sacrifice du mouton et les visites aux proches.
F. D.

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