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vendredi 19 août 2022

Chaos

A l’annonce du retrait américain d’Afghanistan il y a quelques mois, la crainte de voir les talibans prendre le pouvoir était la première préoccupation des Afghans comme des Occidentaux. Finalement, il n’aura fallu que quelques jours aux fondamentalistes islamistes pour prendre le contrôle du pays et mettre au pas la population. Les Américains de leur côté, critiqués pour avoir laissé la voie libre aux talibans, se voient aujourd’hui obligés de continuer à s’investir dans l’avenir du pays. Une délégation américaine va ainsi tenir des discussions avec des représentants des talibans à partir de cette semaine pour la première fois depuis le retrait d’Afghanistan, a annoncé le département
d’État US. L’équipe américaine rencontrera de hauts responsables talibans en ce début de semaine à Doha, au Qatar, a indiqué un porte-parole du département d’État. Les États-Unis ont maintenu leurs contacts avec les nouveaux maîtres de l’Afghanistan après leur prise de Kaboul en août, mais ce sera la première réunion qui aura lieu en personne. «Nous allons pousser pour que les talibans respectent les droits de tous les Afghans, dont les femmes et les filles, et forment un gouvernement inclusif bénéficiant d’un large soutien», a dit le porte-parole. «Au moment où l’Afghanistan fait face à la possibilité d’une grave récession économique et d’une crise humanitaire, nous allons aussi pousser pour que les talibans accordent un libre accès aux zones en difficulté aux agences humanitaires», a-t-il ajouté. La rencontre à Doha ne signifie en aucun cas que les États-Unis reconnaissent le régime taliban en Afghanistan, a insisté le département d’État. «Nous continuons de dire clairement que toute légitimité doit être méritée à travers les actions des talibans», a déclaré le porte-parole. Les représentants américains insisteront également sur la priorité de Joe Biden d’obtenir le départ d’Afghanistan des citoyens américains et afghans ayant aidé l’armée américaine au cours des 20 ans de conflit. Washington a noté que les talibans ont jusqu’ici coopéré afin de faciliter le départ des ressortissants américains. Une centaine sont toujours en Afghanistan, pour la plupart des Américains aux liens étroits avec l’Afghanistan et qui n’ont pas encore décidé de quitter le pays, selon des responsables américains. Le porte-parole n’a pas précisé la composition des deux délégations envoyées à Doha. De hauts responsables américains, dont le général Frank McKenzie, avaient rencontré des représentants talibans en août à Kaboul. Les Américains se sentent ainsi obligés de montrer qu’ils s’intéressent au sort des Afghans, Joe Biden ayant été lourdement critiqué même par ses partisans pour sa gestion du dossier afghan. Mais il est très peu probable que ces rencontres aboutissent à un quelconque résultat et encore moins à des modifications réelles du fonctionnement archaïque et criminel des talibans. Ces derniers ne se pliant à ces rencontres que dans le but certainement d’améliorer d’une façon ou d’une autre leur situation économique, l’Afghanistan s’enfonçant dans une crise financière sans commune mesure qui risque de voir le chaos total s’abattre sur le pays déjà en proie à une instabilité profonde.

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