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vendredi 7 octobre 2022

Cette pratique met en danger la maman et le nouveau-né : Recours exagéré à la césarienne en Algérie

«Le recours à l’accouchement par césarienne en Algérie est exagéré. Le nombre oscille entre 60 et 70 % dans le pays», a indiqué le président de l’Association nationale des gynécologues-obstétriciens libéraux (ARGOPC), Dr Abdenour Youcef Khodja.

Par Thinhinane Khouchi

La césarienne est devenue monnaie courante dans les cliniques privées, où elle est effectuée dans près de 70 % des cas. Il est connu, et des études l’ont démontré, que l’accouchement par césarienne est associé à un risque élevé de complications graves pour la mère, contrairement à l’accouchement par voie basse, en particulier chez les femmes de 35 ans et plus. S’exprimant sur ce phénomène  «inacceptable» et identifiant les véritables causes de la hausse du nombre des césariennes,  le président de l’Association nationale des gynécologues-obstétriciens libéraux (ARGOPC), Dr Abdenour Youcef Khodja, a indiqué, en marge du 17e Congrès international de l’ARGOPC, que le recours à la césarienne était une pratique mondiale, devenue toutefois «exagérée» en Algérie, en ce sens que le nombre d’accouchements selon cette pratique oscille entre 60 et 70 % dans le pays. Si certaines femmes préfèrent accoucher par césarienne pour éviter les douleurs, il existe «un manque de formation et de formateurs parmi les sages-femmes et les médecins spécialistes», a-t-il déploré, appelant, dans ce sens, à renforcer et à perfectionner la formation pour assurer un accouchement sans risques. Le chef du service de gynécologie-obstétrique à l’Etablissement hospitalo-universitaire Nafissa-Hamoud (ex-Parnet), Pr Mokrane Medjtoh, a précisé, lui, que l’accouchement par césarienne dans les pays du Nord connaissait un taux «très faible», rappelant que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser 15 % des accouchements par césarienne dans chaque pays. Le spécialiste a affirmé que le recours à cette pratique médicale «peut entraîner des complications, voire même le décès pendant ou après l’accouchement aussi bien de la maman que du nouveau-né». Pr Medjtoh a appelé à assurer un meilleur suivi de la grossesse et à recourir à l’accouchement naturel au lieu de la césarienne à travers laquelle le secteur privé cherche à réaliser un gain facile. Concernant les affaires introduites en justice pour erreurs médicales, les spécialistes ont appelé à la nécessité de «réexaminer l’expertise médicale avant d’accuser et poursuivre le praticien, laquelle n’est pas souvent soumise à l’avis des spécialistes, ce qui entraînerait l’emprisonnement de médecins en raison de complications médicales dont ils ne sont pas responsables». S’agissant de la difficulté de la procréation auprès de certains couples, Dr Youcef Khodja, également membre du Conseil national de déontologie médicale, a imputé ce problème à l’âge tardif du mariage de la femme ces dernières années, ainsi qu’à certaines maladies et autres facteurs environnementaux. Dans le cadre de la formation continue et la mise à jour des connaissances, une expérience technique de l’hystéroscopie a été dispensée au profit des participants à cette rencontre scientifique de deux jours.
T. K.

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