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lundi 25 octobre 2021

Cessez-le-feu en Libye, trois mois plus tard

Aujourd’hui 23 janvier, cela fait trois mois jour pour jour que les deux camps libyens ont signé à Genève sous l’égide des Nations unies un accord de cessez-le-feu national et permanent. L’une des clauses de cet accord donne aux forces étrangères appuyant l’une ou l’autre partie en conflit un délai de 90 jours au terme duquel elles devraient avoir quitté la Libye. Ce délai vient donc à expiration aujourd’hui. Il y a moins d’une semaine, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres, a tenu à rappeler aux protagonistes concernés (pour l’essentiel la Russie et la Turquie, mais elles ne sont pas les seules à être militairement présentes à un titre ou à un autre en Libye, toutefois de part et d’autre de la ligne de démarcation) que le délai qui leur avait été accordé expirait et qu’ils devaient le respecter car telle était la volonté des Libyens. Se confiant au quotidien britannique «The Guardian» jeudi dernier, Stephanie Williams, la médiatrice onusienne en exercice jusqu’à fin février, a été plus explicite et plus offensive encore, expliquant qu’il n’était pas possible de se poser en amis de la Libye et des Libyens et dans le même temps ne pas tenir compte de leur souveraineté. Il faut dire qu’elle a été par la même occasion plus acerbe envers les factions libyennes, qu’elle n’a pas craint de qualifier de kleptocrates, à croire qu’elle ne se faisait pas beaucoup d’illusion sur leur volonté d’obtempérer aux résolutions du Forum du dialogue libyen réuni à Tunis en novembre dernier.

La principale de ces résolutions a trait à la formation d’un nouvel exécutif exerçant son autorité sur l’ensemble de la Libye pendant une transition prenant fin en décembre prochain avec l’organisation
d’élections marquant la fin de la crise libyenne. Ces derniers jours, le Comité consultatif provisoire issu de Forum s’est réuni à Genève pour s’entendre sur les critères de sélection des membres de cet exécutif auquel reviendrait la double tâche d’expédier les affaires courantes et d’organiser les élections avec l’aide de la communauté internationale représentée notamment par la Manul, la mission onusienne pour la Libye. Il convient de noter qu’à part la Turquie qui au moment de l’adoption de l’accord sur le cessez-le-feu avait relevé que ses signataires n’étaient pas ceux qui dominaient sur le terrain, aucun des pays impliqués en Libye n’a fait part de la moindre réserve sur le processus de sortie de crise parrainé par l’ONU dans la foulée de la Conférence de Berlin, elle-même vieille maintenant d’une année. Partant de là on pourrait conclure que les vues, à moins qu’il ne faille dire les vœux, du secrétaire général et de sa médiatrice par intérim, encore qu’un envoyé spécial ait été finalement désigné après une vacance de dix mois, ont des chances sérieuses de se concrétiser. Le problème, c’est qu’on ne voit pas le début de ce qui pourrait ressembler à un retrait des mercenaires présents en Libye. On les estime à 25 000, ils seraient plus selon Williams, mais sans que l’on sache quelle est la part dans ce nombre de chacun des deux camps libyens en présence. Le hasard du calendrier a fait que le délai des 90 jours prend fin à un moment où les yeux du monde sont tournés vers Washington qui voit l’arrivée d’un nouveau président. Une telle coïncidence ferait passer dans l’ombre à peu près n’importe quel autre événement survenant ailleurs sur la planète.

 

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