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jeudi 25 avril 2024

Centre

Xavier Bertrand avait commencé à préparer sa candidature à l’élection présidentielle 2022 de nombreuses années avant le début de la campagne. Estimant qu’aucune personnalité dans son ancien parti, Les Républicains, n’avait la popularité ou le charisme suffisant pour s’imposer, Bertrand semblait penser que sa candidature anticipée forcerait la main de la direction des Républicains pour lui accorder l’investiture du parti  fondé par Nicolas Sarkozy en 2016 pour remplacer l’UMP. Mais sa stratégie a échouée, se retrouvant obliger de participer à une élection primaire pour déterminer avec le vote des adhérents du parti le candidat officiel de la droite traditionnelle. Malheureusement pour lui, il sera à la surprise générale évincé par Éric Ciotti et Valérie Pécresse. Cette dernière qui finira par participer aux scrutin de mai 2022 obtiendra moins de 5%. Un score humiliant qui semble conforter Bertrand aujourd’hui dans sa tentative d’être une fois encore le candidat de sa famille politique. Pour se faire il commence à sortir du silence et à se montrer dans les médias pour réagir à des sujets faisant l’actualité. Il est ainsi intervenu cette semaine dans le débat sur l’inscription de l’IVG dans la Constitution, qui a été voté par la Chambre Haute du Parlement, se positionnant contre Gérard Larcher, le président du Sénat et prééminente figure LR. Autour de cet épineux sujet de société, le gouvernement, soutenu par la gauche, est favorable à cette révision promise par Emmanuel Macron, tandis qu’une partie de la droite et des centristes se montre plus réticente. C’est dans ce sens que le patron de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a publié une tribune cette semaine pour convaincre ses collègues LR de voter la loi constitutionnelle autour de l’IVG. L’ancien ministre de la Santé a exhorté sa famille politique à ne pas « se tromper de combat », estimant que « nous ne sécuriserons jamais assez les droits des femmes ». Xavier Bertrand a également mis en avant les menaces autour du droit à l’IVG qui pèsent sur l’ensemble du globe, « pas seulement aux États-Unis » : « Le droit à l’avortement connaît encore des restrictions dans de nombreux pays européens, il n’est établi en Irlande que depuis six ans, il n’est toujours pas autorisé à Malte, et demeure interdit en Andorre. » « J’appelle les sénateurs LR à voter […] la loi constitutionnelle. Pour que, tous ensemble, nous puissions envoyer ce message au monde : l’engagement de la France en faveur de l’égalité, de la liberté, de la dignité de la femme est consubstantiel à notre République, et nous défendrons les droits des femmes contre tous les obscurantismes, sur notre sol national comme à l’international », a conclut Xavier Bertrand dans sa tribune. Dans les rangs LR et du centre, plusieurs poids lourds se sont opposés à cette réforme constitutionnelle, dont les trois chefs de la majorité sénatoriale, le président du Sénat Gérard Larcher, le patron du groupe LR Bruno Retailleau et celui du groupe centriste Hervé Marseille. Cette modification de la Constitution étant toutefois sure de passer, Bertrand a choisit de se positionner dans le camp vainqueur espérant peut-être même plaire au centre gauche dont certains membres ne serraient pas opposé à une alliance avec Les Républicains pour la présidentielle de 2027. « Il est temps que les républicains, les démocrates des deux rives fassent cause commune pour la République », a ainsi affirmé cette semaine l’ex-Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui fait parti des socialistes refusant de frayer avec la Nupes, excluant l’idée d’une alliance avec La France Insoumise. Quant à Bertrand peut-être espère-t-il qu’il réussira à se positionner sur la ligne centre droit qui séduit le centre gauche dans la perspective d’une investiture en 2027, avec derrière lui une force politique suffisante pour soutenir sérieusement sa candidature.

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