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vendredi 30 septembre 2022

Centrale

Pour la seconde fois depuis le début de la guerre en Ukraine, un conflit autour d’une centrale nucléaire fait craindre le pire et déchaîne les partisans de chaque camp. Kiev et Moscou ont ainsi de nouveau échangé samedi des accusations de tirs sur la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, occupée par la Russie et visée à plusieurs reprises depuis une semaine. «Limitez votre présence dans les rues d’Energodar ! Nous avons reçu des informations sur de nouvelles provocations de la part des occupants russes», a indiqué sur Telegram l’agence nucléaire ukrainienne Energoatom, republiant le message d’un dirigeant local d’Energodar, ville dans laquelle se trouve la centrale, resté loyal à Kiev. «Selon les témoignages des habitants, des bombardements sont à nouveau en cours en direction de la centrale nucléaire de Zaporijjia (…) L’intervalle entre le départ et l’arrivée des tirs est de 3-5 secondes», ajoute le message. En fin de journée, les renseignements militaires ukrainiens ont affirmé que «les occupants russes bombardent la centrale nucléaire (…) depuis le village de Vodiané, situé à proximité immédiate, sur la rive droite du Dniepr», le fleuve qui sépare les zones aux mains des Russes de celles contrôlées par les autorités ukrainiennes. L’une des frappes a endommagé une unité de pompage et une autre «a entraîné la destruction partielle du service d’incendie responsable de la sécurité de la centrale nucléaire», selon un communiqué des renseignements militaires qui accusent également les forces russes de «préparer des provocations sous drapeau ukrainien». De leur côté, les autorités installées par la Russie dans les zones qu’elle a conquises dans la région de Zaporijjia ont accusé les forces ukrainiennes d’être à l’origine de ces tirs. «Energodar et la centrale nucléaire de Zaporijjia sont à nouveau sous le feu des militants de Zelensky», a déclaré sur Telegram un membre de l’administration militaire et civile prorusse, Vladimir Rogov. «Les projectiles sont tombés dans des zones situées sur les berges du Dniepr et dans la centrale», a-t-il affirmé, sans faire état de victime ni de dégâts. Dans son allocution quotidienne, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé un «chantage russe» autour du site nucléaire. «Les occupants essaient d’intimider les gens de façon extrêmement cynique en utilisant la centrale nucléaire de Zaporijjia», a dit le président qui affirme que les forces russes se «cachent» derrière la centrale pour bombarder les villes sous contrôle ukrainien de Nikopol et Marganets. «Chaque jour passé par le contingent russe sur le territoire de la centrale nucléaire de Zaporijjia et les régions voisines accroît la menace nucléaire pour l’Europe», a-t-il averti, appelant à «de nouvelles sanctions contre la Russie» afin de «bloquer l’industrie nucléaire russe». Plusieurs bombardements, dont les deux parties s’accusent mutuellement, ont visé la centrale de Zaporijjia depuis la semaine dernière, faisant craindre une catastrophe nucléaire et provoquant jeudi une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU. Une réunion toutefois inutile, personne n’étant disposé à intervenir concrètement dans cette guerre qui s’éternise et qui n’est plus l’actualité la plus importante des Occidentaux. Reste à espérer que les Ukrainiens comme les Russes, conscients des dangers de leurs actions autour de la centrale de Zaporijjia, ne pousseront pas le bluff trop loin au risque de faire subir à l’Europe, et à leur deux pays, une catastrophe dévastatrice.

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