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jeudi 25 avril 2024

Causes

Le plus grand opposant et certainement le plus médiatisé de Vladimir Poutine est mort en prison cette semaine, faisant peser le doute d’une élimination de la part du Kremlin de celui qui était déjà condamné à dix-neuf ans d’incarcération. Une mort qui continue de noircir l’image du président russe, accusé par l’Occident d’être derrière la mort de l’opposant Alexeï Navalny. Profitant du décès de ce dernier pour critiquer Moscou, les responsables politiques européens et américains n’ont pas de mots assez sévères pour qualifier la mort de Navalny, dont les causes de la mort restent pour l’heure officiellement indeterminées. Le ministre français des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, a posté sur X : «Alexeï Navalny a payé de sa vie sa résistance à un système d’oppression. Sa mort en colonie pénitentiaire nous rappelle la réalité du régime de Vladimir Poutine». L’UE tient «le régime russe pour seul responsable de la mort tragique d’Alexeï Navalny», a déclaré le président du Conseil européen, Charles Michel. Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a déploré une «immense tragédie» pour le peuple russe. Alexeï Navalny «vient d’être brutalement assassiné par le Kremlin», a affirmé le président de la Lettonie, Edgars Rinkevics, tandis que le ministre norvégien des Affaires étrangères a déclaré que le gouvernement russe «porte une lourde responsabilité» dans la mort de l’opposant. Olaf Scholz, le chancelier allemand, s’est dit «très attristé» par la mort de Nalvany, qui a «payé son courage avec sa vie». «Celui qui s’engage pour la démocratie doit craindre pour sa sécurité et sa vie, et c’est pourquoi nous sommes tous très tristes», a-t-il ajouté au cours d’une conférence de presse aux côtés de Volodymyr Zelensky. Les soutiens de l’opposant, eux, n’ont pas été informés de sa mort en prison, a indiqué sa porte-parole Kira Iarmich, précisant qu’un de leurs avocats se rendait sur place. Lors de diverses audiences à des procès auxquels il participait par vidéo ces derniers mois, Navalny apparaissait physiquement diminué. Il avait enchaîné les problèmes de santé lié à une grève de la faim et à l’empoisonnement dont il avait été victime en 2020 et auquel il avait alors survécu. La prison n’avait pas entamé sa détermination. Au cours des audiences et dans des messages diffusés sur les réseaux sociaux par l’intermédiaire de ses avocats, il ne cessait de conspuer Vladimir Poutine, qualifié de «papi caché dans un bunker», car le président russe n’apparaît que rarement en public. Dans ses messages en ligne, il ironisait sur les brimades que l’administration carcérale lui faisait subir. Dans un message le 1er février diffusé par son équipe sur les réseaux sociaux, Alexeï Nalvany avait appelé à des manifestations partout en Russie lors de la présidentielle prévue du 15 au 17 mars et qui doit permettre à Vladimir Poutine de se maintenir au pouvoir. Les causes de la mort de Navalny, même si elles sont sans suprise imputées à Poutine, restent néanmoins un mystère aujourd’hui. Toutefois, la dispaition de l’opposant offre à l’Occident une opportunité parfaite pour accuser une nouvelle fois Moscou de meurtre. Reste à voir qui deviendra désormais l’ennemi numéro un du Kremlin et réussira surtout à fédérer les opposants au pouvoir russe derrirère lui, comme avait en partie réussi à le faire Navalny. Car si certaines figures ont émergé ces dernières années, elles n’avaient ni le charisme, ni la determination de Navalny. Cela changera à n’en pas douter dans les mois et années à venir, la nature ayant horreur du vide.

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