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samedi 10 décembre 2022

Cause

Alors que la principale suspecte dans l’attentat qui a frappé Istanbul dimanche, faisant 6 morts et 81 blessés, a été appréhendée hier, le gouvernement turc montre les dents à Washington. En effet, la Turquie «rejette» les condoléances des États-Unis qui «soutiennent les terroristes kurdes de Kobané», a indiqué, hier, le ministre turc de l’Intérieur, Süleyman Soylu, au lendemain d’un attentat perpétré par une Syrienne qui a assuré avoir reçu des instructions du Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK, et qui s’apprêtait à fuir en Grèce au moment de son arrestation. «Nous n’acceptons pas, nous rejetons, les condoléances de l’ambassade des États-Unis. Notre alliance avec un État qui entretient Kobané et des poches de terreur (…) doit être débattue», a déclaré Soylu, qui accuse les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et certains de leurs alliés, soutenus par les Américains, d’avoir perpétré l’attentat d’Istanbul. «Le responsable est celui qui fournit des renseignements internes au PKK. Il n’est pas nécessaire de discuter les pions», a ajouté le ministre. Plus tôt dans la matinée, la police turque avait annoncé que la jeune femme interpellée et accusée d’avoir posé la bombe était de nationalité syrienne, qu’elle s’appelait Alham Albashir, et qu’elle a été interpellée avec plusieurs autres suspects dans un appartement à Kucukcekmece, dans la banlieue d’Istanbul. Selon le ministre turc de l’Intérieur, Süleyman Soylu, la suspecte s’apprêtait à «fuir en Grèce». Elle a été entraînée au sein des services de renseignement du PKK, ont rapporté des médias turcs. Elle serait entrée clandestinement en Turquie en passant par Afrine, localité du Nord-Est syrien contrôlée par des soldats turcs et leurs supplétifs syriens, a rapporté la police. Selon la police, elle a reconnu les faits et avoir agi «sur ordre du PKK», ainsi qu’avoir reçu des directives en ce sens à Kobané, dans le nord-est de la Syrie. Ankara accuse régulièrement les États-Unis et d’autres pays occidentaux de protéger les combattants kurdes du PKK et des Unités de protection du peuple (YPG), considérés comme terroristes par Ankara. La ville de Kobané est restée célèbre pour la bataille qui, en 2015, a permis aux forces kurdes soutenues par la coalition occidentale de repousser le groupe jihadiste État islamique. Elle est contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les YPG, alliées au PKK, sont une composante majeure. Ainsi, les relations entre Ankara et Washington, en dents de scie depuis plusieurs années déjà, semblent impossible à apaiser pour le moment. Un abandon des Américains de la cause kurde, pour complaire aux Turcs, est inenvisageable aujourd’hui, surtout que les Américains n’hésitent pas à se servir des Kurdes iraniens comme d’une carte joker dans leur guerre froide avec Téhéran. Reste à voir jusqu’où Ankara est prête à aller pour pousser la Maison-Blanche à se ranger à ses côtés et si en cas
d’échec les Turcs seraient réellement prêts à exécuter leur ultimatum et à se priver de leur puissant allié américain.

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