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mardi 28 septembre 2021

Catastrophe

En France, la direction du Parti socialiste a clairement fait savoir que le PS serait prêt à se ranger derrière un candidat unique de la gauche, plus particulièrement si ce dernier était issu du parti Europe Écologie Les Verts. D’ailleurs, lors des élections municipales de 2020, le PS s’était retiré dans plusieurs villes pour permettre une victoire des écologistes. Pourtant, cette alliance est loin d’être vue d’un bon œil par l’ensemble des socialistes. Anne Hidalgo, maire de Paris, n’avait pas hésité à violemment écorcher il y a quelques mois les Verts et l’ancien maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb, vient à son tour de faire une sortie remarquée contre le mouvement écologiste. Dans une longue interview accordée au «Progrès» cette semaine, l’ex-ministre de l’Intérieur d’Emmanuel Macron prédit même une «catastrophe absolue !». «Je ne croyais pas que ça allait être aussi violent», dit-il et accuse les Verts d’avoir dupé leurs électeurs. «Les gens pensaient voter pour le climat, mais derrière, c’est tout un changement de société qui est à l’œuvre. Les Verts portent ce mouvement woke qui s’empare de notre société, la fragmente, l’archipellise», insiste-t-il dans les colonnes du quotidien régional. Non contents de contribuer à la division de la société française, les écologistes auraient également toutes les peines du monde à la protéger, alerte l’ancien socialiste. Celui qui a occupé la Place Beauvau entre mai 2017 et octobre 2018 en veut pour preuve l’opposition systématique des Verts lyonnais à la vidéoprotection. «Les écologistes ont le même tropisme que le PS dans le temps : tout sur la prévention et rien sur la répression. Pour moi, l’un ne va pas sans l’autre», gronde Gérard Collomb. Autre grand absent des rues de la capitale des Gaules : les policiers municipaux. Et le Marcheur de la première heure de rappeler Grégory Doucet à sa promesse de gonfler les effectifs des hommes en uniforme. Mais Gérard Collomb n’y croit pas trop, tant la sécurité «n’est pas le truc des écologistes». Une fois le bilan sécuritaire des Verts dézingué, Gérard Collomb s’attaque au volet économique, tout aussi inquiétant, selon lui. «Je ne vois pas de nouveaux projets lancés, à part une école dans le 9e arrondissement. En revanche, je vois bien les projets détruits», tempête-t-il, citant pêle-mêle l’abandon des Ateliers de la danse au musée Guimet, le retrait de la subvention à la French Tech et la dette qui file impunément. La ville elle-même serait laissée à l’abandon, en proie aux bouchons monstres et à la saleté. Et Gérard Collomb de jouer les oiseaux de mauvais augure : «S’il arrive un coup dur et que les dotations de l’État baissent, ce que je redoute, la ville et la métropole sont mortes !» Gérard Collomb voit toutefois une lumière au bout du tunnel. Ce phare dans la nuit ? Sa propre personne. Flou, l’ancien maire confie au «Progrès» sa volonté de «former une nouvelle génération» et d’«organiser une forme de résistance» face à l’obscurantisme écolo. Il est vrai que cette dernière année, depuis que plusieurs grandes villes de France sont passées sous l’étendard Vert, de nombreuses polémiques ont éclaté, mettant en avant le décalage entre l’image d’amoureux de la nature et des activistes «wokes» qui a déstabilisé de nombreux Français. Toutefois, forts de leur victoire en 2020, les écologistes restent confiants pour 2022 et assurent déjà que contrairement au Parti socialiste ils ne sont pas près de s’effacer pour d’autres candidats, mais qu’ils comptent bien au contraire tenter leur chance à la prochaine présidentielle, au grand dam de ceux qui espéraient une candidature commune de l’ensemble de la gauche pour contrer Emmanuel Macron, Marine Le Pen et le candidat de la droite.

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