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mercredi 1 février 2023

Caricatures

Les caricatures du journal hebdomadaire «Charlie Hebdo» cesseront-elles un jour de faire réagir Téhéran qui est prompt à monter au créneau pour critiquer les dessinateurs français alors que les manifestants pour la liberté continuent d’essayer de faire entendre leur voix en Iran. La République islamiques a ainsi averti hier Paris qu’elle réagirait après la publication de caricatures «insultantes» du chef suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, dans le magazine français. L’hebdomadaire satirique a publié plus tôt dans la journée des dizaines de caricatures mettant en scène la plus haute personnalité religieuse et politique du pays. Il s’agit des caricatures retenues dans le cadre d’un concours lancé en décembre, alors que des manifestations se multipliaient en Iran après la mort en détention, le 16 septembre dernier, de Mahsa Amini, une Kurde iranienne arrêtée pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire strict du pays pour les femmes. «L’acte insultant et indécent d’une publication française en publiant des caricatures contre l’autorité religieuse et politique ne restera pas sans réponse efficace et ferme», a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian sur Twitter. «Nous ne permettrons pas au gouvernement français de dépasser les bornes. Il a définitivement opté pour la mauvaise voie», a-t-il ajouté. «Charlie Hebdo» avait annoncé en décembre que ce «concours international pour produire des caricatures de Khamenei visait à soutenir les Iraniens qui se battent pour leur liberté». Les autorités affirment que des centaines de personnes, dont des membres des forces de sécurité, ont été tuées et des milliers d’autres ont été arrêtées dans ce qu’elles décrivent généralement comme des «émeutes». Elles accusent des puissances étrangères et des groupes d’opposition d’attiser les troubles. «Charlie Hebdo» a publié les caricatures dans une édition spéciale pour l’anniversaire de l’attentat meurtrier contre son bureau parisien le 7 janvier 2015. Ce dernier avait été perpétré par des assaillants déclarant agir au nom d’Al-Qaïda pour venger la décision du journal de publier des caricatures du prophète Mahomet. La publication de ces caricatures avait suscité beaucoup de colère dans les pays musulmans, et les attentats de 2015 avaient apporté une vague de soutien au magazine à travers le monde. Mais l’on peut s’étonner de l’excès de la réaction iranienne face à «Charlie Hebdo» qui n’en est pas à son premier essai et que l’on connaît maintenant pour son goût de la provocation. Téhéran n’a-t-il vraiment que cela à faire de répondre à un magazine français alors que sa jeunesse est dans les rues pour demander plus de liberté et alors que le coût humain des protestations contre les mollahs s’élève à déjà plusieurs centaines de morts ? Reste à voir si Paris, comme l’avait fait Londres il y a quelques mois après que des journalistes britanniques ont été menacés par l’Iran, défendra une fois encore ses journalistes et ses caricaturistes et surtout comment il répondra aux menaces directes de la République islamique contre des citoyens français sur leur propre sol.

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