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samedi 24 février 2024

Cap sur Rafah

Demain 7 décembre, cela fera deux mois que la guerre ravage quotidiennement Ghaza. Mais ce n’est que ces dernières heures que les opérations terrestres israéliennes se sont pleinement étendues au sud. Jusque-là celui-ci a surtout été bombardé, encore que ce soit avec une intensité n’ayant rien à envier à celle avec laquelle le nord l’a été sans interruption depuis deux mois. Des centaines de milliers de Ghazaouis du nord, certaines sources parlent d’un million, qui avaient cherché refuge au sud, à Khan Younes principalement, sont maintenant sommés par l’armée israélienne de se transporter plus au sud, à Rafah tout près de la frontière égyptienne pour être tout à fait précis. De sorte qu’il ne restera après cela qu’à écraser Rafah de bombes pour forcer la moitié de la population de Ghaza à marcher sur le Sinaï en quête de survie. Soyons certains que tel est le véritable calcul d’Israël, du reste manifeste pour beaucoup depuis le début, mais qu’il s’agit pour lui maintenant de traduire dans la réalité, c’est-à-dire d’imposer à l’Egypte. Lorsqu’Israël promettait aux Etats-Unis de tuer moins de civils palestiniens durant cette deuxième phase de la guerre, c’est probablement à ce coup de force qu’il pensait.

Plus il y a de Palestiniens qui auront traversé la frontière égyptienne, moins en effet il sera obligé d’en tuer. Sauf qu’il y a toujours loin de la coupe aux lèvres. Le gros des déplacés n’est pas encore à Rafah, mais plus au nord, dans Khan Younes et ses alentours. Dans cette optique, il va donner à plein son aviation, son arme de prédilection, en vérité la seule qu’il sache manier, son emploi n’exigeant aucun contact avec la résistance palestinienne, qui au sol non seulement fait jeu égal avec lui mais s’avère de force à le faire reculer. Ses unités répugnent à avancer lorsque la couverture aérienne n’est pas là pour leur dégager la voie. Cela est maintenant notoire. Le combattant palestinien a une cause pour le triomphe de laquelle il est prêt à mourir. Le soldat israélien a lui une vie personnelle pleine de douceurs qu’il tient à préserver. Sa mission : sortir coûte que coûte vivant du guêpier dans lequel les circonstances l’ont jeté pour en reprendre le fil là où il a été coupé. Et si l’aviation ne suffit ni à l’élimination du Hamas ni à l’évacuation de Ghaza, alors il faut à Israël recourir à un plus grand moyen encore : détourner l’eau de la mer en quantité suffisante pour inonder les tunnels courant sous Ghaza. «Déluge de Ghaza» vs «Déluge d’al-Aksa» en somme. Sauf que là aussi les Américains ont des réserves, qui craignent la contamination des eaux souterraines, elles qui déjà manquent aux habitants de Ghaza. En principe ils ne sont pas non plus pour le transfert de population, mais s’il s’avère être le seul moyen d’éviter le génocide, pourquoi pas ? Il vaut toujours mieux une déportation qu’une tuerie s’étendant sur des mois et qui pour cela est de nature à faire perdre les élections. Si au moins il y avait un moyen radical de vider Ghaza de sa population tout en restant à bonne distance de ces dernières, on pourrait voir venir et corriger le tir chemin faisant. Mais sortir d’un génocide, ou pire encore y être encore au moment où arrive l’échéance fatale, c’est courir le risque majeur de voir Trump revenir à la Maison-Blanche, lequel déjà caracole à la tête des sondages. Or ce même Trump observe un silence inquiétant sur la guerre. La dernière fois où il en a parlé, c’était à ses débuts, et pour dire que le Hezbollah était «smart» et que le ministre israélien de la Défense par contre était un «jerk», un abruti. Voilà qui n’annonce rien de bon. Et Tsahal qui tourne comme une âme en peine dans Ghaza

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