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mardi 16 août 2022

Canicule: L’Europe occidentale encore aux prises avec les incendies

Plusieurs pays d’Europe occidentale continuaient à lutter, hier, contre des feux de forêt dévastateurs, conséquence d’une vague de chaleur appelée à durer et qui pourrait faire tomber plusieurs records de température au début de la semaine prochaine.

Par Mourad M.

Dans le sud-ouest de la France, la mobilisation des pompiers ne faiblissait pas pour fixer les incendies, particulièrement en Gironde où près de 10 500 hectares de forêt désormais sont partis en fumée depuis mardi, dans un contexte de canicule généralisée où les températures pourraient atteindre 40 degrés localement, selon Météo-France, qui a placé 37 départements en vigilance orange «canicule» hier.
«La chaleur prend de l’ampleur, la canicule s’étend sur le pays», prévient l’établissement public de météorologie.
La journée d’aujourd’hui s’annonce comme «la plus chaude pour l’ouest du pays», prévoit ainsi Météo-France, qui s’attend à ce que la barre des 40 degrés soit encore atteinte en Bretagne, Basse-Normandie, Aquitaine et dans l’ouest de l’Occitanie.
Pour l’heure, dans le touristique bassin d’Arcachon, au bord de l’océan Atlantique, les efforts déployés ont permis de ralentir la progression du feu, même si dans la nuit de samedi à hier, «plusieurs reprises de feu ont menacé les campings de la dune du Pilat, qui ont dû être évacués de leurs gardiens», a fait savoir sur Twitter la préfecture de la Gironde.
Dans le secteur de la Teste-de-Buch, où le feu a peu progressé dans la nuit – passant de 3 200 à 3 400 hectares partis en fumée – «la nuit a été compliquée», a relaté à l’AFP le lieutenant-colonel Arnaud Mendousse, précisant que «la stratégie a été de protéger les campings, ce qu’on a réussi à faire». Plus dans les terres, vers Landiras, le feu a également moins progressé que la nuit précédente, passant de 7 000 à
7 100 hectares brûlés, grâce à une «stratégie efficace via l’allumage de feux tactiques et la création de pare-feux», ajoute le porte-parole des pompiers.
Au total, ce sont plus de 14 000 habitants et vacanciers qui ont dû plier bagages en urgence depuis mardi. Sept centres d’hébergement d’urgence et une cellule d’urgence médico-psychologique ont été ouverts pour soutenir les sinistrés.
Le Portugal connaissait hier matin une accalmie sur le front des incendies. Un seul foyer important, près de la commune de Chaves à l’extrême nord du pays, était considéré comme actif et «pratiquement maîtrisé» sur 90 % de son périmètre, selon la Protection civile portugaise.
Néanmoins, la quasi-totalité du territoire portugais présentait hier un risque «maximal», «très élevé» ou «élevé» aux incendies, en particulier les régions de l’intérieur centre et nord.
Pour cette semaine, aucune alerte rouge à la chaleur n’a été émise par l’Institut météorologique portugais. C’est la première fois depuis le 8 juillet que les températures au Portugal ne devraient pas dépasser la barre des 40°.
Selon le dernier bilan connu de la Protection civile portugaise, les incendies de la dernière semaine ont fait deux morts et une soixantaine de blessés. D’après ses estimations, ces feux ont ravagé entre 12 000 et 15 000 hectares de forêt et de broussailles depuis le début de la canicule.
En Espagne, une vingtaine d’incendies de forêt font toujours rage et restent hors de contrôle dans différentes parties du pays, du sud jusqu’à l’extrême nord-ouest en Galice, où les incendies ont jusqu’à présent détruit environ 4 400 hectares de terres cette semaine, ont indiqué les autorités.
Seules 300 des 3 000 personnes évacuées préventivement à proximité de Malaga, dans l’extrême sud, ont été autorisées hier à retourner dans leur foyer.L’Agence météorologique espagnole prévoit cette semaine des températures «significativement élevées» sur la majeure partie de l’Espagne continentale et les îles Baléares en Méditerranée, le mercure devant atteindre jusqu’à 42 degrés dans la ville de Logroño, dans le nord du pays, et 40 degrés à Madrid et Séville. En Grèce, les pompiers continuaient de combattre un foyer qui s’était déclaré vendredi matin, provoquant l’évacuation préventive de sept villages dans une zone rurale de la préfecture de Rethymno, sur l’île de Crête.
Plus au nord de l’Europe, au Royaume-Uni, l’agence météorologique nationale a émis la toute première alerte «rouge» pour chaleur extrême, mettant en garde contre un «risque pour la vie». Le Met Office a déclaré que dans le sud de l’Angleterre, les températures pourraient dépasser les 40 degrés pour la première fois lundi ou mardi.
Ailleurs dans le monde, les températures extrêmes ont aussi provoqué des feux de forêt, notamment dans le nord du Maroc où une personne est décédée et la moitié des quelque 4 660 hectares touchés est partie en fumée. L’ouest du Canada est également touché, un incendie ravageant depuis jeudi la région de Lytton, au nord-est de Vancouver, déjà dévastée l’an passé par une canicule historique et des feux dévastateurs.
L’incendie a brûlé 1 500 hectares de forêt et broussailles, détruisant plusieurs maisons et provoquant des évacuations.
Cette vague de chaleur est la deuxième en à peine un mois en Europe. La multiplication de ces phénomènes est une conséquence directe du réchauffement climatique selon les scientifiques, les émissions de gaz à effet de serre augmentant à la fois leur intensité, leur durée et leur fréquence.
M. M.

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