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samedi 25 juin 2022

Candidatures rejetées en prévision des élections locales : Que reprochent les partis à l’ANIE ?

Des partis politiques de différentes obédiences sont unanimes à contester les décisions de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie). Pourtant cette dernière n’a fait que son travail, à savoir celui d’étudier et assainir les listes des candidatures pour les élections locales du 27 novembre prochain.

Par Aomar Fekrache

Avant-hier, le FFS, dans un communiqué, a dénoncé le «nombre important» de cas de refus de ses candidats pour cette échéance électorale. Le plus vieux parti d’opposition s’est plaint de «dépassements» et de «gestion sécuritaire abusive de l’opération électorale». Le FFS a ainsi critiqué la méthode de travail de l’Anie, affirmant que les refus enregistrés «sont liés à leur militantisme politique pacifique ou à leurs opinions», qualifiant ces disqualifications de «graves dérapages».
Avant le Front des forces socialiste, c’est le Mouvement de la société pour la paix (MSP) qui avait menacé de «boycotter» les prochaines élections. Dans un communiqué, cette formation islamiste s’en est prise ouvertement à l’Anie. L’exclusion de ses candidats, a-t-elle indiqué, est une «politique ciblant systématiquement les éléments concurrentiels». Hier, c’est le parti la Voix du peuple qui est monté au créneau. Dans un communiqué signé par son président, Lamine Osmani, cette formation politique a dénoncé l’exclusion de candidats de «manière arbitraire» et «sans preuves légales». Faut-il aussi rappeler que l’Autorité chapeautée par Mohamed Charfi a également rejeté de nombreuses listes de candidature pour manquements et autres irrégularités. Le plus grand nombre de ces listes appartient, croit-on savoir, au FLN, qui ne sera d’ailleurs pas présent, pour la première fois, dans toutes les Assemblées élues à travers le pays. Le mécontentement affiché par les chefs des partis en question est, tout compte fait, évident. Mais cela veut-il dire que l’Anie a mal fait son travail ? De par le passé, la classe politique se plaignait de l’incursion de candidatures liées à l’argent sale et aux milieux des affaires. L’Autorité nationale indépendante des élections s’est engagée à moraliser la vie politique et l’assainir de la chekara et du milieu des affaires. Pour ce faire, elle s’est notamment référée à l’article 184 de la loi portant régime électoral qui stipule dans son septième alinéa que le candidat «ne doit pas être connu du public sur son lien avec les milieux financiers et commerciaux suspects et son impact, directement et indirectement, sur le libre choix des électeurs et le bon déroulement du processus électoral». Certes, Mohamed Charfi ne s’est toujours pas exprimé sur la question pour apporter des précisions quant aux principales raisons du grand nombre de rejets de candidatures opérés par les délégations de wilaya de l’Anie, mais l’heure est au remplacement des candidatures rejetées. Une tâche qui ne semble pas de tout repos pour les partis politiques, appelés à trouver les bons profils dans les meilleurs délais. Indépendamment des réactions politiques des partis et compte tenu du grand nombre de listes et de candidats exclus de la prochaine élection locale, va-t-on voir de nouvelles têtes plutôt intègres et loyales diriger les futures Assemblées locales ?
A. F.

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