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mardi 9 août 2022

Candidature

A chaque élection présidentielle le nombre de candidats évolue, et si parfois la quantité de prétendants à la fonction suprême est moindre, comme en 2012 où seuls 10 candidats s’étaient lancés dans la course à l’Élysée, parfois elle explose comme en 2002 avec 16 candidats. Or, il semblerait que la présidentielle de 2022 va elle aussi faire le plein. En effet, encore un nouveau prétendant à la présidence annonce clairement cette semaine son intention d’aller jusqu’au bout du processus électoral. Le patron des communistes, qui publie un livre pour lancer sa campagne, affiche ses différences avec les autres candidats de la gauche. Mardi matin, au siège du PCF, place du Colonel Fabien, le député du Nord et candidat des communistes à la présidentielle a présenté son livre «Ma France, heureuse, solidaire et digne», publié le 2 septembre aux Éditions du Cherche Midi. Fabien Roussel affirme se moquer des mots et des postures, pour partir à la reconquête d’une gauche «faible, dont beaucoup se sont détournés». Pendant sa campagne, le secrétaire national du PCF veut «convaincre, bousculer les consciences, redonner envie, porter des réformes heureuses, renouer avec des rêves de progrès, de justice, d’égalité». «On en a marre d’entendre parler de sacrifice», dit-il encore, reconnaissant qu’il manque «peut-être» de notoriété mais que ce déficit sera compensé par une certaine «fraîcheur» face à «des candidats de la gauche usés». Parmi eux se trouve Jean-Luc Mélenchon, candidat des Insoumis. La relation entre les deux hommes s’est considérablement dégradée et ceux qui furent alliés à l’occasion de deux présidentielles pourraient en 2022 se faire face. Fabien Roussel considère que beaucoup parmi les électeurs de 2017 du leader des Insoumis sont «déçus par ses excès, ses prises de position, sur la sécurité et la laïcité par exemple». Sur la laïcité, il pointe des différences sur «la neutralité des agents du service public, la protection des enseignants» face aux intégrismes religieux. «Ceux qui nous suivent commencent à savoir la différence entre lui et moi, et au moins cette fois-ci, les gens auront le choix». Face à Arnaud Montebourg, dont la candidature devrait être officielle le 4 septembre prochain, la proximité idéologique là encore, est réelle. Surtout lorsque Roussel évoque «la réindustrialisation de la France» ou sa «souveraineté économique». Il s’en sort par une pirouette. «La différence entre lui et moi ? C’est que moi, je vais aller jusqu’au bout». Tous savent, et lui aussi, que cinq candidats à l’extrême-gauche, sans même parler de la candidature de Philippe Poutou pour le NPA, c’est quatre de trop. Fabien Roussel, comme les autres, s’engage donc dans une sorte de primaire qui ne dit pas son nom. Elle se déroulera cet automne avec la promotion de son livre, en particulier à la traditionnelle fête de l’Humanité des 10, 11 et 12 septembre. Les sondages viendront sans doute départager les candidats à la fin de l’année. Les électeurs d’extrême-gauche auront ainsi le choix entre toutes les tendances et pourront donc influer sur quels candidats maintiendront leurs candidatures jusqu’au bout, même si l’on se doute que Jean-Luc Mélenchon, lui, se maintiendra coûte que coûte, alors même que sa popularité ne cesse de baisser.

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