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vendredi 12 août 2022

Candidats

Cela fait déjà un moment que plusieurs pays membres de l’Union européenne ont exprimé leur déception face à l’organisation qui depuis près de vingt ans maintenant montre ses limites, qu’elles soient économiques ou humaines. Le Royaume-Uni, un fondateur historique de l’UE, s’est d’ailleurs retiré avec fracas il y a deux ans et d’autres pays membres n’hésitent pas à menacer sporadiquement de faire de même. Pourtant, plusieurs nations européennes semblent bien décidées à faire des pieds et des mains pour intégrer à leur tour l’UE. La Bulgarie et la Macédoine du Nord ont ainsi signé, dimanche à Sofia, un protocole bilatéral, dernier pas avant la première réunion intergouvernementale qui marquera le début des négociations de l’UE avec Skopje et Tirana. «C’est une chance historique pour nous que la Macédoine du Nord commence des négociations avec l’UE après 17 ans avec le statut de candidat», a déclaré le ministre macédonien des Affaires étrangères, Bujar Osmani. Le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Lipavsky, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE, a assuré sur Twitter qu’une conférence intergouvernementale pour lancer officiellement le processus d’adhésion de Skopje et Tirana sera organisée «aussitôt que possible». «Le protocole contient des mesures ambitieuses pour résoudre les questions bilatérales ouvertes», a déclaré, pour sa part, la cheffe de la diplomatie bulgare, Teodora Guenchovska. Skopje doit notamment amender sa Constitution pour inscrire les Bulgares parmi les groupes ethniques reconnus, condition sans laquelle elle ne pourra procéder à l’ouverture de chapitres des négociations d’adhésion, a-t-elle précisé. «Ce processus peut prendre des mois ou des années», selon Teodora Guentchovska. Tant la Bulgarie que la Macédoine du Nord ont récemment donné leur aval à une proposition de compromis initiée par la France qui avait assuré pendant le premier semestre 2022 la présidence tournante de l’UE et avait servi de médiateur dans ce processus. Le comité des représentants permanents des 27 COREPER examinera dès cette semaine le paquet proposé pour le soumettre à une conférence intergouvernementale qui sera convoquée par la présidence tchèque, a indiqué Teodora Guentchovska. La Macédoine du Nord est bloquée depuis 2005 dans l’antichambre de l’UE. La Grèce avait d’abord mis son veto jusqu’en 2018, avant que Sofia ne bloque le dossier en 2020 sur fond de querelles historiques et culturelles. La position bulgare empêchait aussi le lancement de négociations avec l’Albanie dont la candidature est liée à celle de Skopje par l’UE. À la différence de Skopje, Tirana peut commencer les négociations de son adhésion dès la tenue de la conférence intergouvernementale, a déclaré Teodora Guentchovska. Bruxelles insiste sur l’élargissement de l’UE dans les Balkans, l’importance stratégique de la région s’étant accrue dans le contexte de la guerre en Ukraine. La Bulgarie a levé son véto le 24 juin à condition que les droits des Bulgares de Macédoine du Nord soient respectés et inscrits dans la Constitution. Sofia considère que les habitants slaves de Macédoine du Nord sont d’origine bulgare et que leur langue est un dialecte du bulgare. Une commission d’historiens peine à se mettre d’accord sur l’appartenance de figures historiques, d’écrivains et d’artistes, en vue de rendre conformes les programmes scolaires dans les deux pays. Toutefois, de nombreuses nations, notamment d’Europe de l’Est, ont du mal à s’acclimater aux nombreuses contraintes de l’UE, qu’elles soient financières ou sociales, Bruxelles se faisant de plus en plus intrusive dans les politiques de chaque État membre et après la joie de l’intégration vient souvent la déception face aux incessantes sollicitations des instances européennes ainsi que des obligations de se conformer à un agenda, non pas concerté mais imposé, source de pesantes dissensions.

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