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lundi 6 février 2023

Campagne oléicole à Béjaïa: La production en baisse, d’après les prévisions

Une baisse production d’olive et d’huile est prévue pour la campagne oléicole de cette année.

Par Hocine Cherfa

Un responsable à la Direction des services agricoles de la wilaya de Béjaïa, en l’occurrence, Abdelhakim Aïssat, a récemment annoncé sur la radio locale que les prévisions de production d’huile d’olive cette année sont d’un peu plus de 13,7 millions de litres, ce qui est loin de la production enregistrée l’an dernier qui était d’un peu plus de 16 millions de litres. Cette baisse est expliquée par les spécialistes de la filière par plusieurs facteurs, dont la sécheresse ou le manque de pluviométrie, la destruction de plusieurs centaines d’anciens et grands oliviers par les feux de forêt qui ont affecté la wilaya deux années de suite, la hausse des températures dues au changement climatique, l’apparition de certaines maladies, la conduite presque totale en régime pluvial de la productivité des plantations oléicoles, l’absence de nouvelles techniques de ramassage des olives et la durée trop longue de conservation des olives avant leur trituration. Cette production prévisionnelle reste «appréciable», si l’on se réfère au rendement obtenu et à tous les aléas qui guettent la filière. Cependant, la situation devrait être prise au sérieux et des mesures à la hauteur des défis identifiés devraient être prises afin de protéger cette filière qui offre plus de 40 000 postes d’emploi directs et indirects en faveur de la région. Il est vrai que le manque de fruit peut être compensé par le rendement, mais la réalité est tout autre car nous sommes loin des 20, 22 voire 25 millions de litres produits les années passées. Les oléiculteurs ne cessent d’alerter les pouvoirs publics sur cette situation avec des suggestions à l’appui. Selon le même responsable, une moyenne de 14 quintaux sont produits par hectare et un rendement de 18 litres par quintal est enregistré en ce début de campagne. Une campagne qui a commencé vers la fin du mois d’octobre et qui semble très timide pour le moment comme nous l’avons constaté. La cueillette des olives pourrait atteindre sa vitesse de croisière la fin du mois de décembre avec les vacances scolaires. En outre, les prévisions en fruit pour l’actuelle cueillette des olives sont de 745 000, alors qu’en temps normal ce nombre est multiplié par deux. A noter que depuis le début de la cueillette, sur une superficie de 1 943 hectares, une récolte 23 230 quintaux d’olives a été collectée, dont 15 220 passés à la trituration. Cette récolte a provisoirement généré 2 992,90 hectolitres d’huile pour un rendement moyen de 19 litres par quintal. Il faut noter que la wilaya de Béjaïa reste le bassin le plus important du pays en oliviers et en production d’huile. Elle dispose d’une superficie totale de 57 172 ha, dont 51 696 ha en rapport (en production), la différence représente de jeunes oliviers, soit 4,5 à 5 millions d’arbres et l’essentiel de la production oléicole est fourni par la vallée de la Soummam, soit les communes situées entre Sidi-Aïch et Tazmalt. De nombreuses variétés d’olives sont produites dans la région dont Chemlal, Tabelout, Azerradj, Aimel, Aharoune, Limli, Bouchouk, Taksrit, Aberkane, Teffah, etc. La région de Seddouk est connue pour sa production en oliviers de table et de conserve. Il faut noter que la wilaya de Béjaïa compte 419 huileries, dont 196 traditionnelles, 131 semi-automatiques et 92 huileries automatiques. Il faut noter que le manque de production du fruit observé ces dernières années a incité beaucoup d’oléifacteurs à fermer leurs huileries ou réduire le temps de travail et leurs employés. L’Association pour le développement de l’oléiculture et des industries oléicoles avait alerté, par courrier, les pouvoirs publics sur les problèmes majeurs que vit la filière, dont l’«écoulement ou la commercialisation de la production oléicole auquel sont confrontés les agriculteurs dans l’exercice de leur activité et les concitoyens dans la recherche d’une alimentation de qualité, saine et équilibrée». Dans la lettre adressée aux hautes autorités du pays, l’Association dit «assister simultanément à des mesures contradictoires et discriminatoires à l’égard des oléiculteurs et organisations professionnelles de la filière», expliquant que «cette filière agricole qui revêt un caractère important et identitaire, créatrice d’emplois, respectueuse de l’environnement et des ressources en eau, se trouve en situation de concurrence déloyale face à l’agriculture industrielle dont les coûts à l’importation ne font que croître». Pour les rédacteurs du courrier, «cette situation est devenue aussi intolérable, avec d’un côté une rente de situation très élevée pour certains, et de l’autre des agriculteurs modestes contraints de quitter leur terre pour aller parfois grossir la liste des chômeurs». L’association suggère ensuite «de faire le point des résultats réalisés à la faveur de la mise en œuvre du programme de développement de cette filière dans le cadre de la politique et des plans de développement agricole et rural ainsi que les contraintes exogènes liées au phénomène de changement climatique, estimant que l’on ne peut pas seulement se contenter des prévisions de croissance ou de ralentissement de la production par rapport aux performances atteintes d’une année à l’autre».
H. C.

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