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dimanche 27 novembre 2022

Bourse d’Alger L’introduction des banques publiques ouvre des perspectives prometteuses

La Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (Cosob) s’attend à une année 2021 «prometteuse» en faveur du projet d’introduction en Bourse de deux banques publiques et des entreprises relevant du secteur marchand de l’Etat.
«L’annonce, par le gouvernement, d’un programme d’introduction en Bourse, notamment de deux banques publiques et les entreprises dépendant du secteur marchand de l’Etat est à même de transformer l’année 2021 en un axe de travail important, de même que l’émission de titres participatifs qui reste un signal fort de modernisation et de diversification des sources de financement», a indiqué le président de la Cosob, Abdelhakim Berrah, dans le rapport annuel de 2020 de cette autorité de régulation. «2021 est un horizon prometteur à court terme», a-t-il affirmé.
Rappelant que 2020 était une année «exceptionnelle», marquée par une «crise sanitaire, une crise économique et des transitions multiples», M. Berrah a souligné que l’année précédente a été mise à profit pour «un toilettage complet des textes et une démarche de la modernisation du cadre juridique», ainsi qu’un accompagnement des efforts du gouvernement pour «la modernisation et la diversification des sources de financement au profit de l’économie nationale et notamment le financement de l’innovation à travers les start-up».
L’année 2020 a été aussi l’année «charnière» pour la mise en place d’un laboratoire financier (FinLab), devant accompagner la place financière d’Alger dans son effort d’innovation, de coaching, d’informatisation et de digitalisation, a-t-il noté.
Selon la rapport annuel, «la Cosob, à l’instar des institutions du marché, a subi les effets de la crise sanitaire et de la crise économique qui s’en est suivie, eu égard aux mesures prises par le gouvernement pour lutter contre la propagation du virus. Ces effets se sont manifestés par la baisse des échanges sur le marché, le désintéressement des sociétés pour le marché et la baisse des activités de la Commission de façon générale».
Ainsi, le volume global des échanges en Bourse en 2020 se chiffre à 87 796 titres contre 249 696 titres en 2019, soit une baisse de l’ordre de 64,83 %.
En valeur, les échanges se chiffrent à 78 458 464 de dinars contre 248 990 023 de dinars en 2019, soit une baisse de 68,48 %.

Blanchiment d’argent : 37 demandes d’enquêtes reçues
La baisse du niveau d’activité globale s’explique, en partie, par les effets économiques de la pandémie, mais principalement, à la «léthargie et la faiblesse endémiques qui caractérisent la Bourse d’Alger, en raison du manque de profondeur du marché et d’attractivité pour les entreprises et les investisseurs», explique le rapport.
S’agissant de l’agrément des Intermédiaires en Opérations de Bourse (IOB), le rapport a indiqué que la Cosob n’a pas reçu, en 2020, de demandes
d’agrément, rappelant que le marché financier algérien comptait déjà 11 IOB agréés, à savoir : six institutions publiques (BADR, BEA, BDL, BNA, CPA et CNEP Banque) et cinq institutions privées (BNP Parisbas El Djazair, Société Générale Algérie, Tell Markets, AlSalam Bank Algeria et Banque Al-BARAKA d’Algérie).
S’agissant des activités des Teneurs de Comptes Conservateurs de titres (TCC), le nombre de comptes titre tenus est relativement stable depuis plusieurs années, estime le rapport, précisant qu’il atteint, en 2020, 21 478 comptes avec une augmentation de 30 comptes titre, seulement.
Statistiquement, cela représente l’équivalent de cinq comptes titre pour 10 000 Algériens, ce qui est un chiffre «très insignifiant». Les personnes physiques représentent plus de 97 % de l’actionnariat des sociétés cotées.
«Ces chiffres qui stagnent dénotent du manque d’attractivité de la Bourse d’Alger qui a besoin d’un nouveau souffle par la mise en place d’un vaste programme d’introduction d’entreprises publiques et privés pour améliorer l’attractivité de la Bourse et drainer l’épargne des ménages en faveur de la croissance et la transparence», est-il indiqué dans le rapport.
S’agissant des infractions liées au blanchiment d’argent et à la corruption, le rapport a fait état de plus de 37 demandes d’enquêtes reçues par la Cosob, dans le cadre des enquêtes déclenchées par les autorités judiciaires sur des personnalités influentes, des fonctionnaires, ainsi que des hommes d’affaires, ayant potentiellement bénéficié d’indus privilèges. Ces demandes d’enquêtes portent sur des actifs détenus par près de 370 personnes présumées, précise la même source.
«La Cosob, grâce à l’exploitation du registre central des actionnaires et des informations et documents transmis par les teneurs de compte conservateurs de titres, a répondu à toutes ces demandes dans des délais dépassant, rarement, trois jours», relève le rapport.
M. L.

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