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mardi 21 mai 2024

Boukhalfa Yaïci, directeur général du Cluster énergie solaire / Transition énergétique : peu de concret et dérive dans la gestion

«Les annonces ne sont pas suivies de décisions sur le terrain», a indiqué, hier, le directeur général du Cluster énergie solaire, estimant que «nous arrivons à la fin de l’année sans visibilité en ce qui concerne le programme de réalisation des 15 000 mégawatts».

Par Thinhinene Khouchi

Intervenant sur les ondes de la Radio algérienne, Boukhalfa Yaïci, directeur général du Cluster énergie solaire, a indiqué que «les investisseurs s’inquiètent du retard dans la réalisation du programme national de développement des énergies renouvelables», assurant que «les objectifs fixés dans les plans d’action du gouvernement en 2020 et 2021 ne sont pas tenus, ce qui fait que nous arrivons à la fin de l’année sans visibilité en ce qui concerne le programme de réalisation des 15 000 mégawatts». Or, a précisé l’intervenant, «la situation reste critique sur le plan de la satisfaction des exportations et du marché national. Donc, il va y avoir à un moment donné des arbitrages qui vont se faire au profit de la consommation nationale, alors que l’enjeu se situe aussi au niveau des exportations, d’où la nécessité de travailler sur le remplacement d’une partie de la consommation nationale en ayant recours aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique». Boukhalfa Yaïci a relevé qu’«on constate que ce dossier n’est pas uniquement du ressort du ministère de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, il y a d’autres parties prenantes comme le ministère des Finances et le ministère de l’Energie». Selon lui, le dossier est bloqué au niveau du financement, confiant que «les conditions du financement pour que les investisseurs puissent participer ne sont pas encore en place et c’est ce qui fait que les pouvoirs publics, notamment le ministère de la Transition énergétique, n’a pas encore lancé son appel d’offres». En outre, Boukhalfa Yaïci a évoqué un retour en arrière et une perte de confiance des investisseurs. «Il y a une quarantaine d’années, l’Algérie était pionnière dans le domaine des énergies renouvelables, je me souviens de la piste Reggane – Borj Badji Mokhtar électrifiée à l’énergie solaire. Nous constatons un retournement de situation. On constate une dérive dans la gestion de la transition énergétique dans notre pays». L’invité de la Chaîne 3 a précisé que «les investisseurs ont fait confiance à l’Etat et réalisé les investissements nécessaires dans le cadre des panneaux photovoltaïques, mais le marché n’est pas là et les usines ne tournent pas. Pire que ça, on constate un afflux important de produits qui viennent de la Zone arabe de libre-échange, parce qu’ils bénéficient des exonérations, et d’autres pays encore plus loin que ça». Selon lui, ce marché, en termes d’investissements réalisés, est estimé «autour de 50 millions de dollars avec un millier d’emplois directs dans le photovoltaïque, mais aussi l’ensemble des entreprises qui interviennent dans la réalisation de ces installations». Il a constaté «un engouement important face à un marché très limité». Soulevant le risque d’être dépassé par la technologie, Boukhalfa Yaïci a signalé que «depuis deux ou trois ans, il y a une sorte de saut au niveau de la technique des panneaux solaires photovoltaïque qui va rendre obsolètes ces investissements. Les investisseurs aujourd’hui ne sont pas en mesure de mettre à niveau leurs usines parce que, déjà, les premiers investissements n’ont pas encore été rentabilisés».
T. K.

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