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jeudi 25 avril 2024

Blida / Le roman de Nadjib Stambouli présenté chez «Crescendo»: «Juste une gifle» au secours des âmes sensibles

Beaucoup de femmes ce samedi au Crescendo School, où l’auteur Nadjib Stambouli débattait de la genèse de son dernier roman «Juste une gifle», paru aux éditions Koukou.

Par Abdelkrim Mekfouldji
Un public pratiquement avide de comprendre comment le sexe dit faible se retrouve sans moyens devant la violence de l’homme. Douni, le personnage masculin, enseignant à l’université, frappe sans raison sa femme, Dila, une enseignante à laquelle il était marié depuis moins d’un mois. Un voile est levé sur l’atmosphère au sein d’un couple représentatif de la société algérienne d’aujourd’hui. Lutte intérieure de Dila qui ne sait plus comment réagir, surtout que son mari semble se rattraper par une sortie, des sorties même à travers le pays, lui faisant oublier quelque peu une gifle qui demeurera néanmoins comme «une estafilade non pas sur la joue mais dans le cœur». La récidive montrera le caractère violent d’un homme, un égo mal contenu. Le lecteur aura à cœur d’aller au bout de «l’aventure», une aventure semée de coups et d’amour, de gestes contradictoires qui vont déstabiliser jusqu’aux racines d’un couple. Les réactions de Dila iront de la simple acceptation jusqu’au duel, à la loi du Talion. Le mariage en Algérie se limite-t-il au pugilat ? La dualité hommes vs femmes dans ce pays se présente-t-elle comme une confrontation entre deux modes de vie, un tiraillement entre l’image d’un homme fort et d’une femme faible ou d’un duo où le dialogue pourrait régler les problèmes ? Habiter seul ne veut sans doute rien dire dans ce pays, dans d’autres contrées également défend l’auteur dans le débat, conforté par un émigré présent et qui affirmera que «la violence dans le couple existe pareillement au Canada et ailleurs dans le monde». N’empêche que l’auteur donne à voir (à lire) un diagnostic laissant apparaître une société écartelée entre archaïsme et tentatives de modernité. La question demeure de savoir comment préserver l’intégrité et l’honneur d’une femme par l’arsenal juridique si la famille en est incapable. Les divorces sont légion et le véritable perdant demeure l’enfant, quand il est présent. L’auteur saura éviter le drame dans ce couple aux apparences de modernisme dans ses sorties à l’intérieur du pays, un tourisme intérieur qui redonne du baume au cœur de Dila et du lecteur/lectrice avant de replonger dans la tempête d’une vie conjugale aux imprévus plus qu’insupportables pour la femme. L’auteur, qui est à son cinquième roman, fait une intrusion heureuse dans le personnage féminin de l’intérieur. La lutte – ou le combat – vu de l’angle féminin est l’aboutissement a réussi, faisant réagir certaines femmes parmi le public présent à Blida en cette veille du 8 mars et du mois de ramadhan. Une tentative réussie qui en appellera d’autres sûrement à l’avenir, l’auteur ayant annoncé deux esquisses de romans pour les prochains mois puisqu’il a été établi que Nadjib Stambouli donne à lire en moyenne un roman tous les dix-huit mois. Rendez-vous donc au début de l’année 2025 ? Vivement oui.

A. M.

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