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lundi 25 octobre 2021

Birmanie: Des centaines de milliers de personnes de nouveau dans la rue malgré les arrestations

La mobilisation contre le coup d’État ne faiblit pas en Birmanie avec des centaines de milliers de manifestants dans les rues, malgré les nouvelles arrestations ordonnées par la junte.
Bravant l’interdiction de rassemblements, les contestataires étaient de nouveau très nombreux à défiler contre le putsch du 1er février, vivement condamné à travers le monde notamment par Washington qui a listé jeudi de nouvelles sanctions contre les généraux.
A Rangoun, la capitale économique, une foule variée – des médecins, joueurs de foot, étudiants, salariés du privé – défilait sur une des grandes artères de la ville. «Rendez-nous notre gouvernement élu», «respectez notre vote», scandaient-ils.
Des contestataires arboraient sur leur t-shirt un ruban rouge aux couleurs de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi, d’autres brandissaient des portraits de l’ex-dirigeante de 75 ans, détenue au secret depuis 12 jours. «Nous ne reprendrons le travail que quand le gouvernement civil de ‘’Mother Suu Kyi’’ sera rétabli. Peu importe les menaces», a déclaré à l’AFP Wai Yan Phyo, un médecin de 24 ans. Des rassemblements avaient lieu dans plusieurs autres ville, comme à Naypyidaw, la capitale administrative.
Les manifestations étaient largement pacifiques, mais la tension était palpable.
Les forces de l’ordre ont dispersé brutalement un sit-in dans le sud du pays et interpellé au moins cinq personnes. Mardi, la police a tiré sur des manifestants, faisant plusieurs blessés, dont une jeune femme dans un état critique.
Le pays n’a pas connu un tel mouvement de contestation depuis «la révolution de safran», menée par des moines en 2007.
Policiers, contrôleurs aériens, enseignants, professionnels de santé, un nombre important de fonctionnaires se sont mis en grève. Le chef de la junte, Min Aung Hlain, leur a ordonné jeudi dans un communiqué de reprendre le travail, faute de quoi «des actions efficaces seront prises à leur encontre».
Près de 250 personnes ont été placées en détention depuis le coup, d’après une ONG d’aide aux prisonniers politiques. Parmi elles, des responsables locaux, des députés, des membres de la commission électorale, des activistes.
«Mon mari était en train de faire des points de suture à un patient quand les policiers sont arrivés. Ils ont pointé leur arme sur lui et l’ont forcé à les suivre. On est sans nouvelles depuis», a raconté à l’AFP Phyu Lae Thu, la femme d’un médecin qui avait rejoint le mouvement de désobéissance civile, lancé dans les premières heures après le putsch.

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