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jeudi 25 avril 2024

Biden se résout au largage des secours

A première vue, on croirait que c’est la tuerie de masse perpétrée jeudi dernier par l’armée israélienne au nord de Ghaza, quand elle a ouvert abondamment le feu sur une foule de Palestiniens attendant convoi d’aide humanitaire dans un contexte de famine, qui a déterminé le président américain à opter pour le largage des secours, ce que font déjà des pays arabes dans la région, toutefois pas en quantités suffisantes. La voie aérienne, a-t-il précisé, ne serait pas la seule à être empruntée en l’occurrence, une voie maritime serait également mise en place, d’ailleurs la mieux à même d’acheminer les grandes quantités, en plus de la voie routière déjà existante, qu’il faudrait réactiver. Pour autant, a-t-il ajouté, sur une question de journaliste, il ne saurait dire quand ces opérations de secours débuteraient, ce qui prouve bien qu’elles sont de conception toute récente, tant à son niveau personnel qu’à celui de son administration. Jusque-là, les Américains étaient exclusivement occupés à livrer des armes et des munitions à Israël, qui s’en servait pour massacrer la population civile de Ghaza. Maintenant, en plus de ces moyens de mort livrés en quantités suffisantes au même bord, ils prévoient de faire parvenir aux affamés et bombardés jour et nuit de Ghaza les vivres qui leur permettront d’attendre plus sereinement leur tour de succomber sous le feu israélien.

Car si les Américains se sont émus au vu de leurs souffrances, ils ne le sont pas suffisamment pour exiger d’Israël qu’il arrête immédiatement ses crimes à leur encontre. Joe Biden n’est toujours pas pour un cessez-le-feu immédiat et durable, c’est-à-dire qu’il est toujours pour qu’Israël «se défende» par tous les moyens en sa possession. La vérité, c’est que le dernier massacre n’est pas le massacre de trop, en tout cas ce n’est pas lui qui a décidé l’administration Biden à redoubler d’efforts en matière d’envoi humanitaire, pour la bonne raison que des massacres, il s’en commet tous les jours à Ghaza. Ce qui par contre est d’autant plus grave qu’il est rare, ce sont les signes annonciateurs d’une défaite à la présidentielle de novembre prochain. Avant la tuerie de jeudi dernier, il y a eu la primaire démocrate du Michigan, qui a vu un formidable bond en avant du vote anti-guerre prôné par la communauté arabe et musulmane de cet Etat, la plus forte des Etats-Unis. Les initiateurs de la campagne pour un cessez-le-feu immédiat tablaient sur 10 000 bulletins en leur faveur, ils en ont récolté dix fois plus, ce qui est mauvais pour la réélection de Biden. A cette primaire, quelque 600 000 voix se sont portées sur lui, mais 100 000 ont voté contre lui. 100 000 démocrates ne votant pas le jour J, c’est plus qu’il n’en faut pour qu’il perde le Michigan, un des «swing states» à décider de l’issue finale de la présidentielle. Soyons certains que c’est cette sombre perspective qui l’amène à l’option de largage des secours sur Ghaza dans une guerre où pourtant dès le début il est aux côtés du massacreur-affameur. Si la famine étend son emprise sur Ghaza, ce n’est pas seulement du fait de la guerre, mais en raison d’une politique délibérée d’un Israël en train de perdre pied sur le plan militaire.

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